le World Press Photo
La mode peut-elle faire bon ménage avec la guerre, l'horreur, le chagrin ? Alors que le portrait d’Azzedine Alaïa par Alec Soth est exposé ces jours-ci à la galerie du Jeu de Paume (dans le cadre d’une série réalisée pour le Fashion Magazine), l’espace d’exposition du couturier, dans un hôtel particulier à deux pas du BHV, accueille quant à lui, des photos d’un tout autre genre. Pour la quatrième fois depuis 2004, la galerie Alaïa reçoit, en effet, les tirages des lauréats du World Press Photo. Durs, parfois violents, ces instantanés de l’année écoulée dépassent le cadre de la simple actualité pour atteindre une portée universelle. Un premier, un second et un troisième prix sont décernés dans dix catégories : reportage sur les zones de conflit, faits de société, sport, nature, portrait … Les images couvrent une large gamme de sentiments humains : le chagrin, la peur, la solitude, la colère, mais aussi la grimace d’effort d’un sportif … sans laisser beaucoup de place à l’espoir. Une sélection sombre, qui place le visiteur au plus près du désarroi. Difficile de regarder certaines réalités en face : c’est exactement ce que semble dire le soldat américain shooté par Tim Hetherington, lauréat du grand prix 2008. Dans ses yeux éperdus, passent l’horreur et l’absurdité de la guerre, en Afghanistan ou ailleurs. Un témoignage de ce que l'on préfèrerait ne plus jamais voir, et que la mode ne peut pas ignorer.
World Press Photo 2008
Galerie Azzedine Alaïa
18, rue de la Verrerie 75004 Paris
jusqu’au 1er juin

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