Les branchés parisiens pourraient tuer pour recevoir ce luxueux carton d’invitation : « Royal Monceau : The Rebirth ». Les heureux happy few sont priés de retrousser leurs manches pour un chantier nocturne à 23 heures, jeudi soir. On propose aimablement aux sauvages tribus de la nuit de démolir à la main, des suites d’un hôtel fondé en 1928. Avouez que c’est divin !
Le Royal Monceau a une histoire cousue d’or. S’y sont installés pour un jour ou un an le Général Eisenhower, Joséphine Baker et plus tard Michael Jackson. Madonna, elle, s’est fait filmer ici par Jean-Baptiste Mondino. Ces beaux souvenirs qui vaudraient de l’or pour d’autres établissements viennent donc d’être dispersés aux quatres vents. Et, comble de décadence, il se trouve que ce qui va être démoli est ... neuf ! En effet, en 2004, le Royal Monceau en plein flop avait tenté une résurrection signée Jacques Garcia, chantre du style Napoléon III, de la pampille et de la fausse fourrure léopard. Un genre qui risque de prendre une sacrée claque car le maxi slogan du jour est : « faisons du passé table rase ». Le nouveau propriétaire, Alexandre Allard, 40 ans, joue là un coup de maître, en se moquant de la crise. Il a racheté l’hôtel pour plusieurs millions d’euros, épaulé par une société du Qatar. L’enjeu était aussi personnel : son « Monceau en morceaux » renoue mine de rien avec l’adresse fondée par le père... de son beau-père. Vous arrivez à suivre ?
Panache et charity
Dans 15 mois, le palace devrait dévoiler un concept d’une élévation d’esprit inattendue. Le but ? rehausser le « moi » du client, pourtant déjà bien boosté, à la hauteur d’une humanité stratosphérique. On vous explique : il ne s’agit pas pour le client de se griser de suites au luxe écœurant ou de profiter béatement de services incroyables (cela va de soi, n’en parlons plus). Le lieu va agir sur lui comme un réceptacle de sa haute conscience de lui-même. Adieu égoïsme et vive la rédemption par le luxe. Comment ? par des expositions d’art et la création d’une fondation, le souci de l’environnement et figurez-vous, par le partage. Une banque de micro crédit va être ouverte. Comme vous le savez, le micro crédit est ce concept inventé en Inde pour les pauvres d’entre les pauvres. Les milliardaires qui séjournent ici seront encouragés à déposer un gros chèque. Le palace sera aussi un espace de rencontres, de surprises, d’aventure, de fête (un concept rare aujourd’hui en France).
Dézinguer pour révolutionner
Durant la nuit fatale, marteaux en main, intellectuels, artistes, noctambules vont dézinguer les lustres et les murs, arracher le papier peint, réduire en miettes le passé pour faire naître ce futur radieux. Quant à la vision d’Alexandre Allard, elle est confiée à Philippe Starck. Notre designer diva a littéralement carte blanche (voir vidéo). Le but est d’attirer comme un phare les jolis papillons fortunés de moins de trente ans issus de l’Inde, de la Russie, de l’Asie. Des héritiers qui, dans la tradition, dépensent le bien durement gagné par leurs aînés, voyagent, s’éduquent à tous les plaisirs sans complexe. Des jeunes qui font la moue devant le bling-bling, épousant avec enthousiasme la folie toute neuve de Paris. Accessoirement prêts à débourser
1 000 euros la nuit pour l’une des 150 suites, toutes décorées par des artistes. Ces privilégiés vont trouver au « Royal », un monceau de merveilles : cinéma, suites privées insonorisées pour organiser un concert... En attendant, cette nuit est consacrée aux performances, expériences, musique, mise en scène. La vie de palace version hype !
www.thedemolitionparty.com

EXPO
La magie blanche de Christian Astuguevieille
Entrer dans le monde de Christian Astuguevieille n’est pas anodin ...

MONTBLANC : De mécène à mécène
Un mécène en récompensant un autre, la démarche est plutôt ...

LIVRES
Vues du Wyoming
Elle a été serveuse, postière ou encore journaliste free-lance avant de se mettre ...






