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L’art trente pieds sous terre

par  Anne-Cécile Sanchez
L’art trente pieds sous terre
João Pedro Vale (Portugal) Barco Negro, 2004 © Jean-Christophe Hanché

Une exposition d’art contemporain dans les caves d’un domaine de champagne jouant les mécènes, cela vaut-il le déplacement vers Reims ? Sans doute, si c’est l’occasion de découvrir, outre un cadre extraordinaire, une génération d’artistes des quatre coins de l’Europe. Commissaire invité de cette cinquième édition, Fabrice Bousteau a en effet choisi de déléguer son pouvoir et d’ouvrir le jeu, un peu comme l’avaient fait – avec un succès mitigé – les deux commissaires de la dernière Biennale de Lyon, Stéphanie Moisdon et Hans Ulrich Obrist. Le très actif rédacteur en chef de « Beaux Arts magazine » – dont le propriétaire n’est autre que Thierry Taittinger – a décidé, lui, d’inviter les revues d’art des 26 autres pays européens à sélectionner deux de leurs meilleurs jeunes artistes. Résultat, une cinquantaine d’œuvres cohabiteront jusqu’à la fin de l’année avec quelques millions de bouteilles, sur fond de ces spectaculaires crayères gallo-romaines. Difficile cependant, malgré ce fil conducteur géographique, d’imaginer un lien entre, par exemple, le navire emplumé et échoué du portugais João Pedro Vale, la tour de caddies de supermarché, « Monument to consumerism », d’un groupe d’artistes slovènes, ou encore la table de ping-pong tournante de Marco Godinho pour le Luxembourg. On retient surtout que près de la moitié des œuvres ont été produites pour l’événement, ce qui, sans doute, n’a pas le même sens pour un artiste slovène ou un finlandais et a constitué pour nombre d’heureux élus une expérience tout à fait excitante.

« L’Art contemporain en Europe, expérience Pommery #5 »
J usqu’au 31 décembre
www.pommery.com

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