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Karl l'Architecte
par Stéphane Gaboué
Depuis le début de l’année, Karl Lagerfeld a entamé une nouvelle période de sobriété chez Chanel, et cette démarche l’a plutôt bien servi lors de ses défilés de janvier et mars.Sa très architecturale collection de haute couture pour l’hiver prochain était dans la même veine rigoriste, inspirée de tuyaux d’orgue qui avaient capté son attention lors d’un concert d’ Hélène Arnault (épouse de Bernard Arnault) et Brigitte Engerer à la salle Gaveau. Mais le résultat de cette entreprise artistique est plutôt mitigé. Tout a pourtant très bien démarré, avec d’ultra-chics manteaux et tailleurs tailleurs-jupes longueur genou, au tombé parfait, tous en tweed, occasionnellement bordés de fourrure ou de plumes et proposés dans des tons gris. On pense d ‘ailleurs au modernisme de Karl Lagerfeld, la ligne éponyme du designer. Le soir était une autre histoire. On retient l’incroyable robe à effet trapèze, ou l’éruption de tulle blanc au dos d’une sage mini-robe noire. Mais plusieurs des autres modèles, souvent réalisées en faille et décorées de minuscules cylindres de tulle qui font écho à la thématique, semblaient étrangement pesantes et compliquées. Leurs longueurs cheville n’étaient pas toujours flatteuses, et les audaces architecturales du couturier n’étaient pas toujours "user-friendly". Et pourtant, les photos de close-up des modèles révèle la beauté des tweeds, et l’incroyable prouesse technique des ateliers. Sans doute aurions-nous mieux apprécié les tenues si la présentation avait été plus intimiste. En effet, il y a quelque chose dans le décor ( des tuyaux gris géants disposés au milieu de l’immense Grand Palais), et dans la distance établie entre les tenues et le public, qui a privé le show d’une certaine émotion. |
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