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Chanel for ever
par par Fady el-Khoury
Les épaules marquées, quelque peu martiales, réminiscences d’une époque ancienne (les années quarante), étaient adoucies par des ornements de tête et des chapeaux exécutés d’exquise manière par Katsuyo Kamo. Plus de 7 000 fleurs en papier (découpages de roses, marguerites, camélias, feuillages, pétales) disposées dans le décor conféraient une atmosphère apaisante, impalpable, symbole d’une « nouvelle modestie » voulue par le maître. Les broderies (jeu de jais et de blanc) sur vestes superposées (le jour), ravissantes pièces aux doubles boutonnages soulignant la taille, parlaient d’une petite musique de nuit ou d’une sonate subtile qu’on aurait revisitée. Elles accompagnaient des pantalons fluides, doux, serrés, rappelant la délicatesse d’une tige de rose ou d’une anémone. Pour Gabrielle Chanel, championne du mixage masculin-féminin, ces tableaux sonnaient étonnamment juste.La collection reflète une parfaite symbiose entre Karl Lagerfeld et les ateliers de la maison. Dentelles, guipure, cristaux et sequins se rejoignent dans des motifs doux, exécution magistrale de François Lesage. Mention spéciale pour la bande-son de Michel Gaubert, qui achevait d’habiller l’atmosphère d’une transparence spatiale. Le maître mot : équilibre. Loin des fulgurances des saisons passées, on note ici une véritable « œuvre de contention » préconisée par Lagerfeld. Sans doute ce qu’il entend par « nouvelle modestie » tout en évitant d’être spartiate, à l’heure où l’incertitude des lendemains et les aléas de l’économie rappellent les cris sévères d’un quotidien inquiétant et imprévisible. C’est de ces temps difficiles que jaillissent les éclats salvateurs. Chanel for ever… Brèves
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