|
Christian Dior
Haute Couture Printemps Eté 2008
La culture de l'excès
par Stéphane Gaboué
Les intentions de John Galliano dans cette collection Dior été 2008 sont faciles à deviner : revisiter les modèles iconiques de l’âge d’or de la couture (les années 40 et 50) et leur donner du punch en colorant les tenues jusqu’à saturation (un cocktail enivrant de rose fuschia, vert acide et rouge écarlate), en exagérant ses volumes (ça bouillonne, ça bouillonne...), et en overdosant les broderies Lesage.Mais comme tout bon prestidigitateur devrait le savoir, on ne peut offrir le même tour de magie à l’infini. L’esthétique flamboyante de Galliano, qui a fait la gloire de la maison depuis ce fameux défilé de juillet 1999 à Versailles a maintenant dévoilé toutes ses facettes. Nous nous sommes plus qu’habitués aux maquillages de poupées, aux accessoires délirants, et aux poses high camp des mannequins. En plus, le show contient plusieurs réminiscences des défilés été 2004 et 2007. Galliano conçoit la haute couture comme un monde onirique où toutes les extravagances ont droit de cité. Mais il serait intéressant de le voir proposer des tenues un peu plus praticables et ergonomiques. En effet, comment une femme est-elle censée se mouvoir quand ses bras sont enserrés par une sorte d’étole qui se referme par des boutons sur une veste vert acide ? Avancer dans ces volumineuses robes, avec aux pieds de vertigineuses chaussures compensées et des chapeaux en forme de soucoupes sur la tête, ne requiert-il pas une dextérité de funambule ? Galliano a prouvé lors des récents défilés hommes de sa marque éponyme qu’il pouvait s’approprier avec brio le style des jeunes d’aujourd’hui. La haute couture Dior pourrait également s’en inspirer. |
||||
|
|