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Jean Paul Gaultier
Haute Couture Printemps Eté 2009
La haute couture calligraphiée de Jean Paul Gaultier
par par Jean Paul Cauvin
Une collection où la légèreté se dessine en majuscules. Où le noir et le blanc forment les pleins et les déliés d’un vocabulaire textile choisi, comme calligraphié à la plume d’oie sur des corps redessinés par de souples armatures. Où le geste couture se mue en écriture vive et sereine. Où les silhouettes se tracent en 42 numéros, qui s’élancent sur le podium après avoir été conçus dans un mouvement homogène, et réalisés sur le filigrane d’une maîtrise exceptionnelle. C’est là la merveille qu’a accompli Jean Paul Gaultier avec sa collection printemps-été 2009.Soulignés d’un V profond de satin ou de cuir verni, les deux premiers numéros font écho et référence à Klaus Nomi, tandis que la voix du haute-contre disparu entonne sur la bande-son « The Cold Song », comme dans les années quatre-vingts. La note puissante initie un défilé essentiel, par-delà les époques et les références, et souligne la force de la coupe et du tombé des tailleurs, la délicatesse de la gaze travaillée en fines bandes alternant avec l’opaque, l’effet tatouage des dentelles chantilly, la suspension aérienne de la mousseline et de l’organza sur une base de crin. Gaultier Paris peut alors se broder sans vergogne sur une traîne en résille. Inès de la Fressange apparaît, radieuse, dans un long fourreau noir. Le temps suspend son vol… Le dernier mannequin avant la mariée, en redingote de mousseline smockée, retroussée d’un faux cul en tulle plissé brodé d’aigrettes, mime la signature du couturier sur écran géant avant de prendre son envol sur le podium. Aucun tour de force ne manque à l’appel dans ce qui constitue sans aucun doute la plus créative et adroite des propositions de haute couture de la saison, certifiant par un puissant renouveau stylistique que le designer français est à la pointe de la perfection. |
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