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John Galliano
Prêt-à-Porter Automne Hiver 2008
John Galliano: Fantastique, à un détail près
par Stéphane Gaboué
Avant même de pénétrer dans la gigantesque halle de la Villette, les invités du défilé John Galliano pouvaient admirer au sol de petits pots enflammés disposés en cercle. Hmm… La soirée s’annonçait déjà excitante.A l’intérieur, on pouvait agréablement déambuler dans un décor cinématographique orgiaque et orientalisant, contempler des bassins à poissons, s’entretenir avec de nombreux figurants allant d’un vieux paysan à deux éphèbes aux muscles noueux lascivement étendus sur un tas de coussins. Le tout dans une entêtante odeur d’encens. L’atmosphère était exceptionnellement conviviale – pas si courant pour un défilé de mode - et les discussions n’en finissaient plus. Puis chacun regagna sa place. Et la musique commença. La bande-son, mêlant entre autres Michael Jackson et Christina Aguilera, était si entrainante, qu’on pouvait apercevoir Sydney Toledano, assis près de Rihanna, Kanye West et Lucy Liu, battre la mesure. Les mannequins, au sommet de leurs campitude, se mêlèrent gaiement aux personnages du set. Et au final, John Galliano a surgi d’une main géante couleur or, avant d’aller saluer la foule sous une pluie de paillettes dorées, triomphant. Tous les ingrédients d’un inoubliable défilé-spectacle étaient réunis. Il manquait juste les vêtements appropriés. Rien, dans cette superproduction ne pouvait en effet camoufler le fait que les tenues présentées constituaient une sorte de best of de précédents défilés du créateur, et que leurs couleurs (de l’orange au vert pomme en passant par le violet), coupes, et associations semblaient déconnectés d’une certaine réalité. Les vêtements années 20 qui dominèrent cette parade (manteaux à la Poiret et robes "flapper") faisaient en fait écho au fameux défilé Dior à l’opéra Garnier de janvier 1998, ainsi qu’à son show éponymes de mars 1997 qui rendait hommage au mouvement artistique Wiener Werkstatte. Rien de mal à sampler son passé, à condition cependant qu’il resurgisse sous un nouvel aspect. Ce ne fut pas le cas. Galliano voulait, je présume, proposer une sorte de manifeste sur l’hédonisme et l’humour, d’où l’abondance de vêtements de fêtes (sarouels en mousseline à gogo) agrémentés de chapeaux délirants (en oiseau empaillé ou en maille géante). Mais cette image de diva fantasque et insouciante a été maintes fois rebattue (par nul autre que Galliano lui-même, d’ailleurs) et on est sortis de ce show sans enseignement réel sur la mode d’aujourd’hui ou de demain. |
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