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Maison Martin Margiela
Prêt-à-Porter Automne Hiver 2009
Mystères et ambigüités de Maison Martin Margiela
par Elisabeth Paillié
Un mannequin quasiment nu, que suit sur le podium un long faisceau de lumière ; mains sur les seins, elle est coulée dans un collant chair, demi-soutien-gorge au dos, paddings transparents posés sur les épaules, donnant de la carrure à la silhouette. Dans le noir total de la salle Marcel-Cerdan réarchitecturée du POPB, qui ne reçoit plus que six cents personnes au lieu de mille deux cents – « une volonté d’intimité », souligne la Maison –, le projecteur raconte le jeu des contrastes entre devants austères et dos sexy, dans un esprit de morphing. Une célébration du corps qui distille mystère et ambigüité. Dans une gamme de couleurs sourdes – vert, marine, brun, prune – contrastant avec blanc et chair, les formes géométriques, plaquées sur le corps comme des compositions graphiques décalées, jouent d’effets de longueurs et de surprise. Une jupe portée en avant dévoile, derrière, les jambes nues ; un trench découpe ses fenêtres dans le dos ; l’académique revient, houssé de tulle à pois, comme les manches cercle. les vestes se prolongent en cagoule sur la tête, les manches se fendent, et les escarpins à talon compensé croisent les talons aiguille… On reste sur notre faim ? Nous nous consolerons avec de ludiques et festifs manteaux en laine, bouillie comme une mousse appétissante, ou des tops ourlés d’effet fourrure, en boucles de bandes de cassette vidéo.
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