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La Nouvelle Révolution Culturelle

par Anne-Cécile Sanchez
La Nouvelle Révolution Culturelle
Ji Ji Hi Panda © Ji Ji, 2006

Design art, architecture, ... la Chine s'empare de tous les modes d'expression avec vigueur. La nouvelle exposition londonienne China Design Now, présentée au Victoria & Albert Museum, à partir du 15 mars en fait la plus éclatante démonstration. Reste à savoir si elle suscitera les même débats que ceux que provoquent la peinture chinoise.

Un Musée privé à Pékin – le Ullens Center for contemporary art (Ucca) – qui ne désemplit pas depuis son ouverture en novembre dernier, une biennale et deux nouvelles foires à Shanghai, des galeries à travers tout le pays : l’art contemporain déferle en Chine, alors que les villes se métamorphosent à vue d’œil. Des tours s’y construisent en un an quand ailleurs il en faut trois, des projets architecturaux spectaculaires y voient le jour - le Stade National de Pékin (le « nid d’oiseau ») par Herzog & de Meuron, le Digital Beijing, centre d’information dessiné par l’architecte chinois Zhu Pei, le siège de la CCTV (China Central Television) par Rem Koolhaas … Et le bouillonnement chinois déborde largement les frontières du pays : la même semaine, on a salué à Paris, lors de la dernière fashion week, l’énergie créative de la griffe chinoise Jefen, alors qu’à Londres, chez Sotheby’s, les prix des artistes Chinois flambent à nouveau, tandis que les projecteurs se braquent sur l'exposition China Design Now.

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La Chine, en s’ouvrant au monde, serait-elle en train de vivre une nouvelle révolution culturelle ? Le marché international, lui, semble vouloir y croire. Mais cette reconnaissance est récente. « Il y a encore dix ans, personne n’achetait d’art contemphorain chinois, rappelle Jean-François Roudillon, fondateur en 1999 de la galerie parisienne Loft. Pendant quatre ans, je n’ai quasiment pas vendu un tableau ». Aujourd’hui, « tout le monde en veut » se félicite Chen Xindong, à la tête, à Pékin, de quatre galeries florissantes. François Pinault lui-même, longtemps réticent, s’est rendu pour la première fois en Chine en décembre 2007. Parmi les 100 artistes contemporains les plus côtés, on compte 25 Chinois.


Le marché reflète t-il la valeur réelle des artistes ? Certains, comme le collectionneur Antoine de Galbert, fondateur de la Maison Rouge, se montrent sceptiques, allant jusqu’à estimer que plus de la moitié de la production artistique chinoise « est bonne à jeter. ». Rien d’étonnant dans un pays où tout le monde, ou presque, sait peindre, et où il est tentant d’essayer de gagner 2000 dollars en vendant une toile. Avec, il est vrai plus de chance de succés que dans d'autre pays car les chinois, très patriotes, on a coeur de booster leur artiste nationaux. " Mais l'art ne s'achête pas par patriotisme" s'insurge Antoine de Galbert.


La Chine découvre avec retard, mais en accéléré, les règles de la société de consommation. « A la fin des années 90, on disait, que les Chinois copient le Pop art, mais ils étaient tout simplement en train de vivre leurs années 60 à eux » remarque Jean-François Roudillon.
A la vitesse où elle apprend, la Chine va t-elle nous dépasser ? Pas impossible, en tous cas, qu’elle puisse, dans certains domaines, nous montrer la voie. Pour l’Exposition Universelle de Shanghaï, en 2010, Dongtan, une éco-cité exemplaire 100% écolo, de 50 000 habitants, devrait voir le jour. En matière d'art, les codes sont en principe particulièrement subtiles. Mais qui dit la Chine n'impose pas déjà ses propres règles au reste du monde?