Arriverderci Milla Schön
par Karim Zehouane
publié le 5 septembre 2008
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Jeudi 4 septembre 2008 : à l’heure où la mode italienne se prépare à célébrer ses mastodontes et dinosaures, imposant l’amnésie sur ces créateurs qui, en catimini, firent l’histoire du style transalpin (Popi Moreni en tête), Nata Maria Carmen Nutrizio, alias Mila Schön, quittait, dans l’indifférence quasi-générale, l’atelier de la mode et du monde.
Née en 1919, cette créatrice qui fétaît cette année 50 ans de carrière, aura laissé une empreinte discrête et subtile sur le paysage créatif. Issue d’une famille aristocrate dalmatienne, consommatrice avertie et trend-setteuse avisée elle entrera en mode comme on entre en religion. Nous sommes en 1958. C’est le génie “volumétrique” de Cristobal Balenciaga qui initiera la vocation de cette admiratrice invétérée du New look de Christian Dior. Sans talent créatif propre, mais avec un oeil pointu et une bourse débordante, elle fonde son premier atelier de Haute-Couture. Largement inspirée par le vestiare français - elle achetait ses robes à Paris - elle aura pour volonté d’épurer la silhouette italienne de sa tendance à la surcharge baroque.
Dès lors, elle séduit une clientèle sobre, exigeante par son travail scrupuleux sur le lainage réversible, le chic pointilleux de ses fourreaux et le choix précis de sa palette (qui lui vaudra en 1967 le Fashion Oscar de la couleur) . Pourtant, loin de se contenter d’un succès de caste, sa passion pour l’avant-garde artistique, la scène mode des sixties, l’incitera à élargir son approche du style. Collectionneuse alerte, elle s’allouera notamment les services et l’amitié d’Ugo Mulas, photographe d’art qui tira le portrait à la panacée des artistes de son époque, j’ai nommé Marcel Duchamp, Joan Miro, Jasper Jones ou encore Roy Linchtenstein. On retrouvera d’ailleurs, parmi les premiers admirateurs de Mila des artistes tels que Josef Albers, Calder ou encore Lucio Fontana.
Figure de proue de la mode transalpine des années 60 et 70, la créatrice plongera néanmoins doucement dans l’oubli, supplantée par les générations fondatrices de l’”Italian Touch” : Giorgio Armani, Roberto Cavalli, Gianfranco Ferre et consorts.
Mila Schön, forte d’une clientèle fidèle, d’un style sans fioritures prônant l’esprit couture, trace dès lors son humble sillon loin de la fureur et du bruit des frou-frou milanais. Aujourd’hui désignée par Bianca Gervasio, la griffe à l’emblématque “M” estampillé sur ses étiquette continue de faire perdurer son culte de l’élégance classique, un brin désuette.
Si elle n’a clairement pas bouleversé les codes de la mode- jamais elle n’en eut la prétention d’ailleurs - Mila Schön aura su s’imposer, en 90 ans d’existence, comme une créatrice férue, un de ces personnages sans lesquels la mode eut pu avancer mais son industrie jamais exister. Chapeau bas, Mila.
Carla
le 9 septembre 2008 12h40
Bravo pour ce bel hommage à une très grande dame de la mode. Bien loin des mastodontes du marketing que l’on connait aujourd’hui elle avait su imposer un style simple et intemporel que l’on oubliera pas.
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Sonia Rykiel,
Marithé + François Girbaud :


GIUSEPPE
le 22 septembre 2008 15h15
Many thanks for your comments. We hope to be capable to continue the story of the MILA SCHON brand in the future. We are trying to recover our prestigious position in Europe and America and to be able to consolidate our turnover in the Far Eastern Countries. Mrs SCHON died immediately before seeing his beautiful presentation at PALAZZO REALE in Milano and before the Fashion Show of September 26th in the beautiful SALA DELLE CARIATIDI inside the PALAZZO REALE. Many thanks dear MILA. We are sure to be able to continue your story. Brand Extension (Mila Schon). Giuseppe De Vecchi (President) Bianca Gervasio (Artistic Director)