Irfé, une maison de couture russe d’origine princière
par Elisa Morère
publié le 8 juillet 2008
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Un miracle à la Russe ? on vous annonce ici la renaissance d’une maison de couture des années 20, fondée par les princes Youssoupov. Irfé est une contraction des prénoms d’Irina et Félix Youssoupov. Née Romanov, la Princesse Irina est la nièce de Nicolas II, le dernier Tsar. Le Prince Félix descend quant à lui d’une célèbre dynastie russe dont les racines remontent au prophète Ali. Ensemble, ils se sont lancés dans la grande aventure de la couture en 1924.
Avec ce renouveau, on s’oblige forcément à bachoter un peu l’histoire avec un grand H. Comme un boomerang, elle a frappé durement cette maison née juste après la Révolution Bolchevique. Une griffe qui souhaitait redonner un peu des couleurs d’Orient à l’exil des aristocrates « Blancs ». Elle est présentée dès 1927, et joue alors beaucoup du féminin-masculin. On est à l’époque des garçonnes, des sportives aux bandeaux sur cheveux courts, poitrines extra-plates et folles de pantalons. En 1929 après la splendeur, la dégringolade. Les Youssoupov habitués des voyages transatlantiques et des palaces, voient les Bolcheviks brader le patrimoine familial. Dans le même temps, ils perdent leurs capitaux dans le krach boursier de Wall Street. Les banques fuient. La maison de couture et ses filiales ferment. Seuls les parfums restent encore quelque temps. En effet, Félix et Irina Youssoupov ont lancé trois parfums pour blondes, brunes et châtains. Des fragrances marquées par des notes épicées et orientales dont la Princesse grecque Marguerite signe la publicité d’un flacon rectangulaire coiffé d’un cabochon noir facetté. Les riches Américaines se l’arrachent. En 2008, Olga Sorokina remet Irfé en selle. Elle dirige la société et dessine les collections, soutenue par Xenia Sfiris, née comtesse Cheremeteff. Cette descendante des Youssopov est co-fondatrice de la maison ressuscitée. La présentation à la presse a eu lieu au Palais de Tokyo et le défilé a dévoilé une première collection passéiste. Olga a sans doute voulu rendre hommage à l’âge d’or d’Irfé, au patrimoine culturel et familial, mais s’est laissé bloquer par le passé. Le grand danger lorsqu’on relance un patrimoine. On lui souhaite de trouver le ton juste au fil des saisons. Un coup de crayon contemporain, un mariage entre hier et aujourd’hui. Après tout Irfé, à son époque, était tout sauf vieux avant l’âge et devrait incarner une nouvelle jeunesse. Irfé a profité de cette présentation pour annoncer une ligne de parfums issue des formules Youssoupov que l’actuelle comtesse Cheremeteff-Sfiris a précieusement conservées. La marque annonce également déjà des projets de boutiques. D’abord à Moscou puis Milan et autres lieux. Encore faut-il que la maison trouve son public. Alors, comme l’assure ce prudent proverbe, peut-être bien russe, ne vendons pas la peau de l’ours.
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Guillaume
le 15 octobre 2008 19h01
Longue vie, j’ai hâte de découvrir de mes yeux le travail et ce que deviendra la marque !