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Beauté

Se sentir tellement Galliano

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par Elisa Morère publié le 29 juillet 2008

© Parfum "John Galliano"

Les Galliano girls vont frémir de bonheur : leur couturier fétiche, l’Anglais le plus influent de la mode, la star de la galaxie LVMH, se prépare à lancer son premier parfum, à son nom, pour sa propre maison. Dès octobre, pas avant, cette création sera mise en vente et devrait devenir le fleuron d’une nouvelle ligne cosmétique. Quelques privilégiés ont pu toutefois l’obtenir avant l’heure et tenter de décortiquer l’image subliminale qu’il est censé évoquer.

Car le créateur, à son habitude, a bâti un véritable scénario, suffisamment imagé pour aider les responsables de l’élaboration de ce jus qui ne doit ressembler à aucun autre. Quand John Galliano se lâche cela donne un briefe assez rococo. En résumé : une fille cherche un parfum né d’une robe ! Une Galliano girl, star baignée de mystère et d’excentricité, se mettrait en quête du parfum rêvé. Elle jette une poignée de lavande et de bergamote d’Italie au fond d’un vieux sac, des lettres d’amour et des bas de soie. Textuel ! Elle porte des écharpes sur ses courbures élégantes et ne sort jamais sans deux ombrelles. On ne s’attarde pas sur ses cheveux, ses gants de dentelles, sa poudre de riz, qui cohabite avec les iris embarqués dans son périple. Bref, ce sac est le symbole des envies de John Galliano – de sa perception de la femme, aussi – qui, en images, paraboles, contes et légendes, a réussi à échafauder ce capiteux élixir de bohémienne chic.

Baptisée tout simplement « John Galliano », l’eau de parfum se cache dans un boîtier où figure la muse Belle Époque au maquillage appuyé, enroulée dans un chapeau et un voile. Une femme-geisha un brin gothique. L’intérieur, lui, est tapissé d’une gazette XIXe consacrée au couturier. Le tout fortement colorié de violine, pourpre, noir et blanc cassé, sous un assemblage de plumes, tulles et satin. Le flacon à la silhouette féminine est drapé, à la Boldini, de verre violet et noir, paré d’une rose d’or, surmonté d’un bouchon en forme de signature. Voilà pour l’objet.

Pour le jus lui-même on a osé une goutte sur le poignet. Sur l’instant… c’est poivré. Un parfum pour femme « très femme », avec un chamboulement des sensations plongées dans le capiteux. Au final l’impression de porter une senteur ancienne, une poudre de riz qui aurait plu à notre grand-mère. Christine Nagel, qui a conçu la fragrance, a folâtré vers des effets pétillants, effervescents et boisés, tentant de capter l’essence des défilés du maestro, les effluves d’ateliers, loin des formules toutes faites. Poudre et musc donc, rose de Bulgarie, graines d’angélique, 48 matières ont été passées au crible pendant des mois pour composer un défilé de senteurs. Ce premier parfum a été clairement imaginé pour s’associer à une certaine idée de la couture selon John Galliano.


Parfum,John Galliano
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