- Ce jour de mars 2007
- L'héritage de Hedi
- Une multitude de fans
- La mode sans Slimane
- Hedi dans l'art
- Et maintenant, le futur
Une multitude de fans
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En interviewant des fans de Slimane pour cet article, j’ai été surpris de constater que bon nombre d’entre eux furent amenés à son travail non pas par des publicités, des défilés ou autres appâts de marketing, mais plutôt par les vêtements eux-mêmes. Beaucoup les ont découverts en faisant du shopping, comme Tansipek, l’architecte de Manille, qui les vit pour la première fois lors de séjours à Shangaï et Hong Kong. Gilles Dufour, l’ex-assistant de Karl Lagerfeld chez Chanel pendant 15 ans, se souvient avoir remarqué une veste de velours dans une vitrine d’Yves Saint Laurent dans les années 90. « Elle était tellement bien coupée que j’en ai acheté deux, je les avais même montrées à Karl, qui les avait beaucoup aimées », se souvient-il.
A l’époque, il n’avait jamais entendu parler de Slimane, ignorait qu’il était designer de la ligne Saint Laurent pour hommes (de 1996 à 1999), et ne pouvait certainement pas présager son futur règne chez Dior de 2000 à 2007.

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Durant cette période faste, certains fans furent particulièrement marqués par le travail de Slimane. Dean's, par exemple. Ce consultant en informatique de 32 ans, qui se définit comme un « Monsieur-tout-le-monde », a découvert Slimane par pur hasard : « J’ai décroché un nouveau job l’année dernière, j’avais donc besoin de quelques costumes. Etant très, très mince (1,72 m, 50 kilos), j’ai toujours eu du mal à trouver des vêtements vraiment seyants ». Un après-midi, il erra donc de magasins en magasins, parfois séduit, mais incapable de trouver le costume parfait. Quasi-machinalement, il pénétra donc dans la boutique Dior de la rue Royale, où il vit ce manteau. Il resta paralysé. « Il était si petit. J’étais incapable d’ôter les yeux de cet article », relate-t-il. Dès lors, les vêtements de Slimane lui donnèrent un électrochoc. « J’ai eu une folie furieuse. En seulement 3 mois, j’ai dépensé une somme incroyable là-bas. Environ 6000 euros », dit-il. « Mes amis ne comprenaient pas. Mais Dior Homme me donna de l’assurance ». Il commença donc à se documenter sur Slimane via internet, mais il réalisa vite que le célèbre créateur venait tout juste de quitter la prestigieuse maison de l’avenue Montaigne.
Dean's fait donc partie de toute une génération d’hommes et de femmes qui ressentent la frustration qu’un enfant aurait si on lui retirait subitement une sucette de la bouche. Par conséquent, un mouvement pro-Slimane s’est élevé sur internet. Sur Facebook.com, le très populaire site de réseau social, on compte 13 groupes de soutien à Slimane, certains avec des titres comme « Reviens, Hedi Slimane ». Tous ces groupes comptent au total 2700 membres. Et ce ne sont pas forcément des professionnels de la mode. Juste des gens comme Dean's, Tansipek, ou King, qui apprécient ses vêtements.
Sur sa page officielle Myspace, Slimane compte 1926 amis, et son propre site internet, hedislimane.com, a 2 millions de visiteurs par an, d’après une porte-parole. Mais Slimane a aussi ses ennemis. Ceux qui, en privé ou sur les forums de mode, lui reprochent de s’être inspiré du style de Raf Simons, et déplorent l’excessive minceur de ses mannequins. En tout cas, le designer-star ne laisse vraiment personne indifférent.




