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En attendant Hedi Slimane

par Stéphane Gaboué
En attendant Hedi Slimane
Une image du festival de Bénicassim, qui sera incluse dans l’exposition que le Musac, musée d’art contemporain de Barcelone, consacre à Hedi Slimane à partir du 19 Mai.

Hedi dans l'art

En attendant l’hypothétique retour de Slimane dans la mode, ses fans et la presse de mode ont suivi ses aventures dans le monde de l’art. Il a en effet montré ses photos en noir et blanc, qui explorent la scène rock, dans plusieurs expositions. Et le 19 mai, le Musac, musée d’art contemporain de Barcelone,  inaugure une exposition de photos prises l’été dernier, lors du festival rock de Bénicassim.

Mais comme Almine Rech le raconte, Slimane fut accueilli dans le milieu de l’art avec des commentaires plutôt extrêmes. «  Certains aimaient beaucoup, d’autres disaient : ce n’est pas un vrai artiste. Ces commentaires négatifs proviennent généralement de Français, ou de personnes vivant loin des grandes villes ». Quelqu’un m’a d’ailleurs une fois déclaré : « S’il n’était pas Slimane, il ne bénéficierait certainement pas de toute cette attention, et de toutes ces prestigieuses galeries ».

Pourtant, Rech affirme que bien que consciente du succès de Slimane dans la mode, seule la qualité de son travail artistique a motivé son intérêt professionnel pour lui. Elle se souvient l’avoir rencontré pour la première fois au début des années 2000. « Nous avions des amis en commun, et le courant est vite passé car nous aimions les mêmes artistes : Anselm Reyle, Johannes Kahrs…”.  Mais  c’est la découverte de son travail à la Kunstwert de Berlin en 2003 qui catalysa vraiment leur collaboration.
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« Hedi était devenu si célèbre dans la mode que  beaucoup de gens voyaient son travail photographique comme une simple anecdote », explique Agustín Pérez Rubio, commissaire de l’exposition au MUSAC. « Mais il prend des photos depuis l’âge de 8 ou 9 ans, je crois. C’est un photographe classique. Ses photos sont parfaites. Croyez-moi, si je présentais son travail sous le nom d’un Anglais inconnu du nom de Mathieu Bla Bla, les gens aimeraient quand même ces photos ».
 En effet, d’après Rech, les œuvres de Slimane, qui se vendent entre 5000 et 70000 euros, sont souvent achetées par des personnes qui ignorent entièrement l’identité de Slimane.  « Vous savez, beaucoup d’acheteurs d’art ne s’occupent pas vraiment de la mode. Ils achètent tout simplement parce qu’ils aiment. D’ailleurs son départ de chez Dior n’a eu aucune répercussion sur les ventes de ces œuvres d’art », affirme-t-elle. Paul P, l’artiste canadien dont les dessins de jeunes garçons figuraient dans la campagne Dior Homme pour l’été 2006, compte parmi les fans des photos de Slimane.. « J’ai entendu parler du livre de Hedi sur Berlin avant de découvrir ses collections », se souvient-il. « J’ai connu son art en premier, mais la découverte de ses vêtements m’a conforté dans l’idée que tout ça était le travail d’une seule et même personne ». En effet, comme le dit Rubio : « Il est impossible de dissocier la mode et les photos de Hedi. C’est un homme de la Renaissance, et cette capacité à se diversifier est une performance à elle toute seule ».