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London calling

Texte par Dean Mayo Davies
Photos par Nik Hartley
London calling
Le créateur J W Anderson photographié par Nik Hartley pour prestigium.com

J W Anderson

"Dans notre société ultra-matérialiste, je pense qu'il est extrêmement important d'évoquer une certaine notion de personnalité et de singularité à travers sa garde-robe", affirme le designer JW Anderson. « Les vêtements sont le seul moyen vraiment immédiat de se définir aux yeux du monde, et si l’on ne perçoit aucun signe de singularité dans votre tenue vestimentaire, il y a de fortes chances que vous soyez en fait une personne sans réelle personnalité". Des déclarations marquantes de la part de ce designer de bijoux, d’accessoires, et de vêtements pour hommes, mais pas si étonnantes, au final, vu la poésie de son travail.

Anderson a grandi en Irlande, dans une ambiance sportive -le rugby, en particulier- et jusqu'à présent, son travail trahit de très fortes influences sportives. " Pour moi, le sport allie le fonctionnel et le décoratif, deux éléments essentiels à mon travail. La deuxième grande influence est le théâtre. J'ai étudié le théâtre, et il fait encore partie de moi. Je regarde la mode comme un théâtre. C'est-à-dire que si vous n'avez pas un ensemble sensationnel, si vous n'avez pas un grand chorus line, et si vous ne vivez pas la mode, les personnages sont faibles. "Et mes personnages sont la plupart du temps calqués sur la littérature et le théâtre : Les méchants, les freaks, les personnages hors du commun? " dit –il. Il est intéressant de savoir que son client idéal est Ben Whishaw, le jeune acteur britannique qui a notamment joué dans « Le parfum », « I’m not there », film conceptuel sur Bob Dylan, et qui sera à l’affiche dans le prochain Brideshead Revisited. On comprend en fait pourquoi Anderson s'identifie à lui : ce gentleman svelte a une extraordinaire capacité à incarner des personnages des plus grandes ères de l'histoire.

« Toutes les pièces que je fais sont comme des personnages dans une pièce de théâtre. Elles ont tendance à être plutôt étranges, plutôt sinistres, un peu barrées, et elles deviennent plutôt obsédantes. Mais de cette obsession émerge quelque chose de positif. C'est la théorie du deux négatifs donnent du positif. Je veux dire que tout est si tordu qu'à un moment, ça devient beau. Chaque article doit avoir une histoire, et chaque concept doit avoir un preuve substantielle de cette histoire », explique-t-il.
Sa collection pour l’automne-hiver prochain est baptisée "The Rattle Bag", et s'inspire de Raspoutine et de la Russie du XIXème siècle, et met en avant les patchworks et la fourrure. Crabes et langoustes, symboles de vulnérabilité, sont les emblèmes de cette garde-robe collection. Les cordes spinales en feutre utilisées sur les vêtements et les bijoux donnent une note de stoïcisme au tout. Il y a même une pièce entièrement matelassée, hommage personnel du designer à l'irréductible artiste Louise Bourgeois.

www.j-w-anderson.com

 

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