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Expo

Ron Arad au Centre Georges Pompidou

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17.11.2008 | 11h40 | par Elisa Morère

Le risque de muséification d’un artiste avant l’heure est grand. Aussi, est-ce avec une légère appréhension que l’on assiste à la première exposition monographique consacrée par le Centre Pompidou à Ron Arad. Mi-Russe, mi-Bulgare, respectivement par son père et sa mère, Ron Arad vit à Londres depuis des décennies. Il est né en Israël en 1951. Depuis, son nom a fait le tour du monde. Ron Arad est devenu la figure majeure du design contemporain depuis les années 80. Celui qui se dit « No Discipline », qui n’aime pas le noir et a peur de la mort, est représenté à Beaubourg dès le 19 novembre. Bien que son patronyme ne soit pas très familier en France, aficionados, investisseurs et collectionneurs, vont certainement se précipiter à cette grande exposition. En effet, Ron Arad a suivi un sacré bout de chemin depuis ses premiers pas à Londres en 1973 où il étudie à l’Architectural Association School. Le succès va fondre sur lui comme l’éclair, quasiment dès la fondation de son premier studio One Off Ltd en 1981 en complicité avec Caroline Thormann. Il édite en effet les fauteuils Rover la même année - un triomphe -, puis la Well-Tempered Chair en 1986, et la Bookworm, une bibliothèque en acier qui tournicote sur elle même. Elle sera ensuite éditée en plastique par Kartell et trône aujourd’hui dans tous les salons du Boboland ! Ron Arad crée des objets qui semblent sortis d’une BD futuriste. Beaucoup de rondeurs, de formes elliptiques, hélicoïdales, ovoïdes également, et des jeux de reflets grâce aux matériaux utilisés. L’acier trempé notamment, découpé, martelé, lissé, où la lumière se réfléchit comme un feu froid. Ron Arad crée des pièces en séries limitées mais également des objets à vocation grand public. Il a collaboré, entre autres, avec Vitra, Cassina, Driade, Kartell, Artémide ou Alessi et Flos et l’un de ses objets figure peut-être aujourd’hui dans votre cuisine ou votre salle à manger. Son art du traitement des formes courbes fait de ses œuvres des pièces quasi sculpturales que l’on s’arrache. Certaines sont découpées en lamelles qui vibrent littéralement dans les airs, librement. Beau, graphique, surprenant donc.

Mais cet homme est aussi, et avant tout, architecte. Tel Aviv lui doit son opéra. Celui-ci sera représenté au Centre Pompidou dans la Galerie Sud. La scénographie de l’exposition, conçue par l’artiste, donne tout de suite dans le spectaculaire avec la reproduction à l’identique du hall d’entrée et de l’escalier de cet opéra réalisé en 1994. Une ellipse sur laquelle sera projeté un film du Musée de design d’Holon actuellement en construction. Sur le mur, des écrans plasma déclineront plus d’une vingtaine d’autres projets d’architecture. On verra bien sûr une représentation des pièces majeures, emblématiques, que ce soient des prototypes, des séries limitées ou des objets de production industrielle. L’autre but de cette exposition est de montrer combien Ron Arad porte d’intérêt à la technologie, à l’ingénierie des métaux ou aux machines de précision. Autant de moyens d’aboutir à des recherches novatrices ou des expérimentations uniques qui permettent à cet « archi-designer » une maîtrise totale. Il joue aussi bien de la fibre de carbone ou du silicone que de la haute technologie quand il s’agit de projeter des messages SMS via une lampe. Toutes sciences, avec ce zeste de l’inconscient d’où naît la beauté, qui subliment un jour nos objets du quotidien et dont le musée se fait l’écho

Centre Pompidou, 75191 Paris cedex 04.
Téléphone :00 33 (0)1 44 78 12 33.
www.centrepompidou.fr


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