29.06.2009 | 11h42 |
par Jean Paul Cauvin
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L’homme de l’été 2010 qui a défilé sur les podiums milanais n’en est plus à un paradoxe près : impeccable en haut mais rugueux en bas, soigné dans sa veste et effiloché sur son jean, à la fois technologique et folk, épris de rigueur militaire et d’une liberté de nomade, il joue au grand écart entre tous les styles
Désenchanté, l’homme imaginé par les marques italiennes ? Peut-être pas tout à fait. Encore sur son quant-à-soi, certainement ! Il préfère les matières douces, ultrafines, perforées, ne s’interdit pas les broderies à l’occasion, mais marie sempiternellement les genres, hésite entre costume formel et sportswear émancipé. Cet homme qui se cherche résout ses paradoxes en les soulignant dans sa mise : la veste et le maillot de corps brodés sont portés sur un jean trash, le costume formel est maculé de peinture, la veste de smoking elle-même tranche avec le short, pourtant assorti, la silhouette militaire d’allure coloniale se fluidifie grâce à une longue tunique à l’indienne, rigide autour du cou, floue au-dessus du pantalon.
Chez Versace, la silhouette dessinée par Alexandre Plokhov se tourne vers l’inspiration safari explorée par Gianni Versace dans les années 1980. Elle est ici déclinée dans une palette de blancs éclatants, de beiges naturels et d’imprimés « tie and dye » gris, assortis aux kurtas indiennes traitées dans des matières semi-transparentes. La technicité des tissus et la recherche dans les imprimés sont le point fort de cette collection, dont les soldats semblaient plus prêts à s’aventurer sur les plages qu’à s’enfoncer hardiment dans le désert.
Domenico Dolce et Stefano Gabbana jouent eux aussi les contrastes en tout genre : très chic mais vraiment décontracté, classique mais sportif, macho mais un brin féminin, l’homme Dolce & Gabbana aime tant son jean qu’il le porte volontiers usé ou déchiré, sous une veste plus formelle, parfois même brillante. Pour ajouter une touche de luxe à cet accent destroy, il va jusqu’à enfiler sous le pantalon de denim lacéré un pyjama de soie. Son débardeur fait un clin d’œil à Marlon Brando dans une allure tout à fait « Tramway nommé désir ».
C’est la technologie unie au savoir-faire sur le cuir des petites mains italiennes qui était à l’honneur chez Roberto Cavalli. Ces pantalons seconde peau, comme moulés sur le corps de l’homme, sont tantôt en cuir lacéré tantôt portés comme des combinaisons de plongée, le torse nu ou revêtu d’une chemise ou d’un marcel. Les reliefs, pour ainsi dire sculptés sur le dos de certaines vestes, ont été développés à partir d’une technologie dérivée des ultrasons. Ce raffinement masculin décline le scientifique pour le mettre au service d’une nouvelle élégance décontractée.
La symphonie des gris, dogmatiques cette saison chez Prada, joue pour l’été prochain sur les résilles traitées aussi bien en imprimés qu’en superpositions pour multiplier les effets optiques. Les savantes proportions et matières perforées utilisent ici souvent des matières employées ailleurs pour les équipements sportifs mais dans des panoplies de ville faciles à porter et sobrement efficaces. Comme si les gris de Miuccia Prada évoquaient en filigrane l’ombre et la lumière.
L’inspiration de Frida Giannini chez Gucci vient tout droit du Brésil. Pas trop Ipanema, plutôt Oscar Niemeyer. Une architecture très structurée dans une ambiance aux couleurs de l’été. Giorgio Armani, de son côté, est revenu à ses origines, dans un style purement Armani à peine actualisé, qui se permet tout de même le rouge, couleur par ailleurs omniprésente dans quasiment toutes les collections masculines, qui présentent au moins un ensemble dans cette teinte. On ne saurait appliquer un référentiel comparable à la collection Gianfranco Ferré. En cherchant à rajeunir son allure, la griffe fait preuve d’un certain dynamisme mais recrée les volumes de l’homme Ferré dans une direction unique : des vestes à la taille plus étriquée, des pantalons plus amples. Est-ce pertinent sous ce nom ?
Beaucoup de créateurs se sont amusés avec la peinture, à l’instar d’Alexander McQueen, qui a créé toute sa collection en partant de la créativité d’un peintre imaginaire. Davantage inspiré par la réalité, Dirk Bikkembergs a fondé une partie de son travail sur la découverte d’un jeune artiste australien, Scott Elk. Quant à Raf Simons, il a reproduit les dessins de Fujita sur les chemises qu’il signe pour Jil Sander.
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Alize Morand
le 29 juin 2009 22h48
I’m in love with Prestigium ! :) x