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Fashion Week Printemps-Été 2010

Alexander McQueen sauvé des eaux

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08.10.2009 | 15h04 | par Catherine Maliszewski

Alexander McQueen Printemps-Été 2010

Les défilés de McQueen sont toujours un succès. Dopé à l’international, l’ambassadeur de la mode anglaise n’a pas son pareil pour transformer l’espace d’un show en grand raout planétaire à la créativité surpuissante. L’événement n’était-il pas retransmis en direct sur l’Internet via deux gigantesques caméras occupant la scène et armées de têtes pivotantes ? Le podium n’était-il pas agrémenté d’un écran LED géant diffusant une vidéo artistique signée par le prestigieux photographe Nick Knight ? Et tout ça pour quoi ? Pour une simple collection de prêt-à-porter ? Que nenni ! Pour un manifeste, s’il vous plaît. Où le créateur, fasciné par Darwin, revient sur la théorie de l’évolution. Où sa fibre écolo s’appuie sur le réchauffement climatique et la fonte inexorable des glaces pour prédire une humanité mutante, prête à s’adapter à la vie sous-marine, sûre de réinvestir les premiers territoires de sa genèse. D’où cette référence à « L’Atlantide de Platon », choisie par Alexander McQueen pour titrer sa collection. À ceci près que les sirènes du créateur affichent une plastique ultra-contemporaine. À travers ses coupes fétiches, ses robes à la jupe coquée, ses tailles serrées, ses tops structurés, façonnés, le designer dessine une silhouette organique au morphing étonnant, alliance charnelle de la femme et du serpent, comme la filme Nick Knight dans sa vidéo. Le chiffon de soie, l’organza, le taffetas lavé, les jerseys comme les cotons affichent des couleurs savamment dégradées, voire ponctuées d’écailles luisantes. Aux teintes terreuses et fatiguées, brunes et jaunies, répondent bientôt des tonalités aquatiques blanches et bleutées. Au détour d’une silhouette longiligne, le corps s’habille d’une étoffe semblable à la peau des dauphins ; plus loin il s’échappe d’un voile diaphane évoquant la mue d’un reptile. La beauté incomparable de cette collection réside enfin – et surtout – dans l’emploi magistral d’imprimés à circonvolutions multiples qui rappellent les tests de Rorschach, ces dessins protéiformes qui laissent libre cours à l’imagination. Alexander McQueen pense à tout, même à partager son sens de la créativité avec nous.


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