10.06.2009 | 10h22 | par Elisa Morère
Cent vingt-cinq ans de joaillerie italienne, ça se fête. Où mieux que dans la capitale de César ? Inestimable, telle se veut cette exposition qui sacre une longue histoire démarrée en 1884. Cet anniversaire laisse s’échapper sans retenue de son écrin les carats, les pièces célèbres et rares, et les créatures de rêve de Cinecittà ou de Hollywood qui ont pu les porter. La manifestation « Entre histoire et éternité » va ensuite repartir pour Londres où se déroulera, en décembre chez Christie’s, une vente de pièces contemporaines de joaillerie et d’horlogerie au profit d’une œuvre caritative. Bulgari a voulu ici balayer les époques, donc les designs et les tendances, au travers de ses chefs-d’œuvre de joaillerie, d’horlogerie et d’arts décoratifs. Cinq cents pièces en tout, ce qui n’est pas rien. Certaines sont issues des collections de la maison et font office aujourd’hui de trésor historique exceptionnel. Le clou de l’exposition sera sans conteste ces seize pièces uniques et parfaitement inestimables aux yeux des connaisseurs, puisqu’elles furent créées pour Elizabeth Taylor. Comme cette broche en diamant avec une émeraude centrale de plus de 18 carats, offerte à Elizabeth par Richard Burton et portée par elle pour leur… premier mariage, en 1964.
Ainsi, sur le mode narratif chronologique, le visiteur redécouvre la première boutique Bulgari via Sistina, puis croise très vite les objets en argent crée à la fin du XIXe siècle par Sotirio Bulgari, le fondateur. Comme son nom ne l’indique pas, ce Grec émigra à Rome pour y jeter les bases de sa fortune. Les années vingt et trente montrent les sertissages de diamants, d’inspiration Arts déco bien sûr, tandis que la période quarante et cinquante puise son inspiration directement aux sources des écoles françaises. En 1960 Bulgari opère un virage stratégique et définit ce qui deviendra son identité : formes affirmées, stylisées, volumes mezzo-piano et goût pour les claquantes associations de couleurs. Ensuite, Bulgari passe le cap du pop art avec brio, pour se tourner vers des pièces multicolores dans les années deux mille. On pourra toucher des yeux cette rivière de diamants estimée à plus de 20 millions d’euros.
Un regard particulier est réservé aux gemme nummarie ou joyaux numismatiques, qui substituent des pièces antiques aux pierres précieuses, parant le bijou d’une aura archéologique. Le serpent, thématique très utilisée dans l’univers du bijou, fait aussi l’objet d’un regard à part, tout comme le logo inspiré de la calligraphie romaine antique, qui est devenu au fil du temps un trait ornemental plus ou moins discret. Croquis et dessins sont également dévoilés. Ces actes de naissance d’un bijou ou d’une montre représentent un intérêt documentaire pour leur précision, leur préciosité, leur mise en teinte, les styles de traits qui signent différentes époques et écoles. Finalement, dans cette Rome propice à mêler passé et avenir, Bulgari a trouvé le lieu idéal pour exposer la nostalgie des splendeurs d’autrefois. Mais aussi, à l’aune de ce glorieux passé, le visiteur pourra imaginer l’immense creuset d’une créativité à venir.
« Bulgari. Tra eternità e storia. 125 anni di gioielli italiani »
Du 22 mai au 13 septembre
Palazzo delle esposizioni
via Nazionale, 194, I-00184 Roma
Tél. +39 06 48 94 11
www.palazzoesposizioni.it
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