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Haute horlogerie

Frissons sur le secteur de la Haute Horlogerie

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23.01.2009 | 12h48 | par Elisa Morère

Le Salon international de la haute horlogerie (SIHH) de Genève s’achève aujourd’hui dans un climat très inhabituel. Somptuosité du savoir-faire, créativité, excellence sont encore plus décoiffants que de coutume. Mais, cette 19e édition laisse aussi filtrer une atmosphère hivernale. Si fraîche que les organisateurs s’inquiètent d’un coup de froid polaire sur ce secteur prestigieux. Le Salon international de la haute horlogerie est l’un des événements les plus privés du luxe. Un petit coffre-fort très bien défendu, au point qu’acheteurs comme journalistes doivent décrocher leur sésame pour y entrer. « Prestigium » l’ayant enfin obtenu devient a priori le premier quotidien du luxe online officiellement convié. Le salon est en effet incontournable. Très intime, il ne réunit que 17 marques. Il a cette particularité de présenter à la fois des noms parmi les plus prestigieux de la galaxie horlogère et joaillière et d’exposer des pièces exceptionnelles en avant-première. De secrètes tractations se déroulent dans de petits salons aménagés à l’arrière-plan de chaque stand, loin des regards. Jusqu’à présent, les ordres passés constituent en moyenne 50 % du chiffre d’affaire annuel d’une marque.

L’événement remplit le rôle de baromètre de la santé du secteur de la haute horlogerie et de la joaillerie, et plus simplement du luxe

À l’origine de ce show si couru et si privé ? Le groupe Richemont, numéro deux du luxe en France après LVMH. À tout seigneur tout honneur, il y présente ses douze marques jusqu’au 23 janvier (IWC, Jaeger-LeCoultre, A. Lange & Söhne, Vacheron Constantin, Baume & Mercier, Dunhill, Montblanc, Panerai, Roger Dubuis et Van Cleef & Arpels). Les autres sont des indépendants comme Audemars Piguet, JeanRichard, Girard-Perregaux et Parmigiani. L’événement remplit le rôle de baromètre de la santé du secteur de la haute horlogerie et de la joaillerie, et plus simplement du luxe. Cette année, pour la première fois de son existence et pour une question d’organisation, il a été déplacé en janvier. D’habitude il ouvre en mars-avril, aux avant-postes de la Foire horlogère de Bâle, et connaît une atmosphère trépidante, les acheteurs passant d’un salon à l’autre. Est-ce un effet de la crise ou de ce changement de dates ? L’atmosphère était cette fois nettement plus calme. Les grands acheteurs semblent en effet s’être déplacés en solitaires, sans leurs équipes, frais de transport obligent, quitte à passer les commandes seuls. Un exercice peu aisé au moment où l’horizon présente un total manque de visibilité. Le groupe Richemont lui même annonce un chiffre d’affaires en recul de 7 % pour 2008, alors que, dans les couloirs, les spécialistes évoquaient leurs « immenses inquiétudes ».

Une conjoncture glaciaire à bien des égards

Les chiffres de fréquentation, annoncés à l’AFP avant même la fin de la manifestation, soulignent le caractère exceptionnel de cette situation. Fabienne Lupo, directrice du salon, prévoit une fréquentation fondue comme neige au soleil avec « une baisse de 50 % pour l’Amérique du Nord, proche de 45 % pour le Japon, tandis que l’Asie devrait aussi afficher une fréquentation en baisse de 25 % », et conclue du même coup sur la conjoncture « glaciaire à bien des égards ». Enfin, comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le joaillier français Cartier, filiale du groupe Richemont, annonçait la mise au chômage partiel de la quasi-totalité de son site de Villars-sur-Glâne pour faire face au ralentissement conjoncturel de ses commandes.

Nous avons connu de belles rencontres créatives et d’autres misent sur un élargissement des gammes afin de toucher toute la clientèle possible

Du coup, le SIHH a remisé les paillettes, le glamour et les coupes de champagne. On a coupé dans les dépenses pharaoniques – sauf quelques exceptions, dont Audemars-Piguet ou IWC, qui ont maintenu leurs soirées. En revanche, côté nouveautés, une stratégie s’amorce. Nous avons connu de belles rencontres créatives et d’autres misent sur un élargissement des gammes afin de toucher toute la clientèle possible. Ces efforts sont vraiment encourageants et démontrent que, malgré une crise sévère, le haut luxe sait encore tirer des cartouches qui font mouche.


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