12.01.2010 | 13h40 |
par Juliette Michaud
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Il est arrivé à l’hôtel Beverly Wilshire avec un retard chic. Aminci, le sourire contrit, les épaules un peu rentrées dans son uniforme de séducteur malgré lui : chemise rayée bleu et blanc et jean sans prétention, l’image même de l’effacement sexy qui fait sa marque. Et, pardon les filles, avec ses petits épis dans les cheveux et ses yeux cobalt qui tombent, plus irrésistible que jamais ! Deux ans sans Hugh Grant sur les écrans. Ouf, il revient le 20 janvier dans « Did You Hear About the Morgans ? » de Marc Lawrence, son réalisateur du « Come-back » et de « L’amour sans préavis ». Après Julia, Renée, Sandra et Drew, c’est avec Sarah Jessica Parker qu’il forme un tandem conçu juste pour nous rendre jalouses : celui d’un couple new-yorkais séparé et témoin d’un meurtre, contraint de vivre dans un trou du Wyoming. Encore une bluette de charme, donc, pour ce cynique de nature, qui se confie aujourd’hui à Prestigium, A quarante neuf ans, il s’avoue de plus en plus paniqué devant les caméras, et redoute d’être abandonné !
Prestigium. Après deux ans d’absence, une nouvelle comédie romantique ! Hugh Grant. C’est que je reçois peu de scénarios que j’aime. Et rares sont les gens comme Marc Lawrence, qui a écrit et réalisé « Did You Hear About the Morgans ? » Rares aussi sont ceux qui cisèlent ce genre de dialogues à l’humour autodérisoire, dans lesquels je me sens le plus à l’aise. Parce que, même si je me sens à l’aise dans le genre dramatique, d’autres acteurs le font mieux que moi. Et je ne peux pas faire de grosses comédies à la Jim Carrey, je ne suis pas cet homme-là non plus. Je suis cet Anglais qui a réussi à Hollywood, mais qui existe dans une marge très mince. En même temps, dans « Bridget Jones » ou « About a Boy », j’ai montré d’autres facettes, ce sont des rôles différents où je pouvais laisser briller mon cynisme (rires).
La mode est un médium remarquable, qui permet d’admirer les plus jolies filles de la planète, en faisant semblant de regarder les créations qu’elles portent…
Qu’avez-vous fait pendant ces deux années sabbatiques ? Hugh Grant. Théoriquement, j’essayais de terminer le livre que je tente d’écrire depuis vingt ans, mais j’ai dérivé vers des plaisirs comme le golf, que j’aime pratiquer sans pouvoir dire que je sois doué. La vérité, c’est que je n’ai rien fait. Je suis paresseux comme un loir.
Quel est votre rapport à la caméra ? Hugh Grant. Terreur ! Après chaque tournage, je mets des Post-it sur mon ordinateur, disant de ne plus accepter de film. J’ai commencé à avoir des crises d’angoisses en entendant le mot « moteur », sur le tournage de « Coup de foudre à Notting Hill ». Sur « Le Come-back », j’en ai eu quatre ou cinq vraiment terribles et j’ai fait tout le film bourré de Lorazépam. Je suis allé chez tous les psys pour me faire soigner. Ils m’ont torturé. Ils ont même essayé de m’hypnotiser. Un seul m’a aidé, en m’apprenant à contrôler cet excès d’adrénaline : respirer, baisser la dose de panique d’une octave, et jouer en mettant à profit ma nervosité. J’ignore pourquoi j’ai ces accès de terreur après toutes ces années, ils sont absurdes, et arrivent pour les scènes les plus faciles. Je répète, je suis plutôt bon, drôle j’irais jusqu’à dire, moi-même quoi, mais soudain ils actionnent la caméra pour un gros plan et je me pétrifie comme un lapin. Humiliant. Je deviens si mauvais que je ne peux même plus parler. Je m’en sors mieux si la scène est improvisée, écrite une heure avant.
Après chaque tournage, je mets des Post-it sur mon ordinateur, disant de ne plus accepter de film.
Vous êtes toujours associé aux actrices stars les plus pétillantes d’Hollywood. Quelle est votre relation aux actrices ? Vous aident-elles en cas de crise de trac par exemple ? Hugh Grant. Elles font semblant de compatir, mais j’ai bien vu, dans la grande bouche de Julia Roberts, une ombre de moquerie ! (Rires). J’aime toutes les actrices avec lesquelles j’ai travaillé. Ce ne sont pas des bobards d’interview : je les adore avec une réelle sincérité. Sarah Jessica Parker est l’une des personnes les plus drôles, gentilles, et la moins « actrice » au sens compliquée du terme, qui soient. Pareil pour Sandra Bullock. Si l’on remonte dans ma carrière, il y en a qui me haïssent, mais je ne veux pas vraiment aborder ce sujet (rires).
Je suis spécialiste du sabotage amoureux : tout faire pour que quelqu’un s’attache à vous, et à ce moment-là, fuir !
Quelle femme vous a fait rêver, adolescent ? Hugh Grant. Pas une actrice, car je ne me suis jamais intéressé au cinéma avant que je n’en fasse moi-même. La fille qui m’a fait rêver était une héroïne de bande dessinée anglaise, prénommée Bobby Dazzler. Elle avait des taches de rousseur et j’étais amoureux d’elle. Je le suis toujours. Embêtant, car elle devait avoir douze ans. Aujourd’hui j’aime les actrices françaises. Toutes les actrices françaises presque sans exception, et Juliette Binoche reste l’une de celles qui m’ont le plus impressionné. Je ressens cela pour les femmes françaises en général. Mais je ne dois pas être le seul : tous les hommes doivent avoir un petit quelque chose pour les femmes françaises, non ?
Comment positionnez-vous votre côté british, par rapport aux femmes françaises, ou américaines ? Hugh Grant. J’oublie toujours que j’ai l’air tellement anglais. Avec une femme américaine, je me comporte normalement si je puis dire, et c’est seulement après coup, que je me dit : bon sang, j’aurais dû jouer la carte british ! Avec les Français en général… ma mère était prof de français, alors (il dit ça en français) je peux faire l’effort de parler un peu la langue, ce qui me donne un certain cachet (rires).
Sarah Jessica Parker vous qualifie de « chic et sexy », c’est votre style ? Hugh Grant. Cela s’adressait plutôt à elle, non ? (Rires) Je ne pourrais pas être aussi actif et accompli qu’elle. Et surtout pas créer une ligne de vêtements ou de parfum comme elle. Encore que… Je ne suis pas à l’aise avec l’étiquette sexy, j’évite toujours les questions qui s’y rapportent. J’ai le même style depuis que j’ai cinq ans. Cela ne veut pas dire que je ne m’intéresse pas à la mode. La mode est un médium remarquable, qui permet d’admirer les plus jolies filles de la planète, en faisant semblant de regarder les créations qu’elles portent…
Il y a tout de même votre fameux style anglais, votre humour, votre classe… Hugh Grant. L’humour, c’est une facilité et une protection. Mon modèle d’homme a été Alec Guinness. Je ne lui arrive pas à la cheville, et croyez-moi, je peux vraiment manquer de classe, british or not !
Dans « Did You Hear About the Morgans ? », votre personnage dit : « Je ne suis pas sûr que je ferais un bon père. » Et vous ? Hugh Grant. Je n’ai aucun doute de pouvoir être un père merveilleux (rires). Peut-être pas lorsqu’ils sont tout petits, ou lorsqu’ils deviennent des ados drogués (rires)… Mais entre les deux âges, je l’envisage très bien. Aujourd’hui, j’ai tellement de neveux, nièces et cousins, que je suis devenu bien meilleur auprès des enfants. Je ne les traite plus comme tels, mais comme des adultes, et j’ai compris qu’ils aimaient les jeux. Je leur donne des quizz, – je suis accro aux quizz –, et j’adore me mettre en quatre pour eux.
Vous croyez toujours au grand amour ? Hugh Grant. Je n’ai jamais écarté pour de bon l’idée de me marier et d’avoir des enfants. Je crois toujours que c’est possible. Mon frère a un mariage très heureux. Ma mère est morte, mais je vois mon père au moins une fois par semaine, et il me dit du bien du mariage. Seulement, j’observe aussi les couples malheureux autour de moi… Et puis je suis rarement à la hauteur. Je suis spécialiste du sabotage amoureux : tout faire pour que quelqu’un s’attache à vous, et à ce moment-là, fuir ! Je me soigne, mais c’est dur de trouver quelqu’un avec qui les silences, les matins, sont confortables. J’ai peut-être cinq personnes comme ça dans ma vie, et ce sont mes meilleurs amis.
Vous aurez cinquante ans en 2010, cela vous effraie ? Hugh Grant. C’est un chiffre qui donne des sueurs froides la nuit. D’autant que j’ai dû faire un pacte avec Méphisto : du genre, je vais m’amuser maintenant, et je démêlerai ma vie plus tard. Or lorsque Méphisto reviendra, je crains que cela ne soit pour me dire que je vais rôtir solitaire en enfer. J’ai peur de finir comme un vieil homme triste et seul. Je redoute la solitude, et travaille constamment à l’éviter, accroché à mon BlackBerry. Ceci dit, je me sens plutôt très jeune d’esprit et d’allure. Je réalise ne plus être aussi fringant lorsque des journaux anglais publient ma photo, en disant que je parais chacune de mes quarante-neuf années, et que j’ai l’air fatigué et corpulent. De quoi être plombé (rires). Pour garder la ligne, j’ai commencé à faire du Pilates. Je vais à ces cours à Londres où il y a toutes ces jeunes filles attirantes, et un vieux bonhomme triste avec la gueule de bois au milieu : moi.
RAY
le 1er février 2010 18h45
qualite anglaise, l’humour ? alors Hughes Grant est le type de l’anglais séduisant pour une française !!
luceofescalette
le 21 janvier 2010 14h18
Je découvre Prestigium aujourd’hui, une amie m’en avait parlé.. Merci à Juliette Michaud pour sa belle série d’interviews, percutants, intimes, loin des questions sans cesse rabattues… Un regard plus personnel, peut-être. Je reviendrai, c’est sûr !
coccinellenp
le 19 janvier 2010 03h55
Hugh Grant en toute simplicité, jolie interview vraiment, qui donne l’impression de redécouvrir ce grand acteur dans toute sa simplicité. On aime forcément découvrir les mini-failles d’un "plus-que-parfait", il n’en est que plus touchant, devient un aimant qu’on aimerait avoir pour amant ! Bravo pour cet entretien si instructif !
jean-pierre
le 18 janvier 2010 10h41
çà alors , quel article !! Hugh se livre à coeur ouvert et je me prends à m’identifier à ce cynisme courtois , absolument charmant !!! on en redemande ! merci .
DROLDEDAME
le 16 janvier 2010 15h17
On sent que c’était un plaisir pour Hugh Grant de parler en toute simplicité, il a quand même laissé apparaître ses faiblesses, c’est courageux de sa part…Ce n’est pas qu’un beau gosse stylé !!!!
inconue
le 15 janvier 2010 11h45
c’est sur il y l’homme physique, classe et irresistible…Mais aussi l’homme sinique et drole qui sait bien cache ses sentiment d’apres cette interview
Le Blond
le 14 janvier 2010 13h44
mesdames moi je craque pour lui comme depuis toujours, ce gars est l’homme parfait et l’ignore ce qui le rend encore plus parfait, il est trop adorable, je suis en émoi devant Hugh, il est trop craquant
mag
le 12 janvier 2010 21h34
C’est sûr….je suis dé-fi-ni-ti-ve-ment accro !
et tant pis pour mes copines, je les emmenerai encore au ciné….pour Hugh bien sûr !!!!!
herminalex
le 12 janvier 2010 20h48
50 ans ou pas moi je fond litéralement quand il veut nous fondons une famille ensemble !!!!!!!!!! il est ma-gni-fi-queeeeeeeeeeeee
Yoda
le 12 janvier 2010 20h45
A coté de Hugh, ya pas photo : George peut aller se rhabiller. Nonchalant et angoissé, nevrosé et sexy, il a tout bon… Et en plus il ne se prend pas au sérieux… vraiment Georges peut remettre echarpe et bonnet !
Nicole
le 12 janvier 2010 20h41
Adorable, quel sourire !….je ne savais pas qu’il avait cet âge ; je lui donnais moins, mais cela est vrai pour presque tout le monde maintenant ! Quoique ?… l’interview est bien ; je ne savais pas combien il me ressemble ! (hum, moralement !) Belle classe, humour et modestie, tout ce que j’aime !!!! Et s’il savait qu’en France, il n’y a pas que les actrices qui sont super….et qui rêvent de lui….
Danielle Arnaud
le 12 janvier 2010 16h12
Quel humour ce Hugh Grant. Il n’y a pas un Français capable d’une telle autodérision. Je le trouve irrrrrésistible !!!!!
bauché
le 12 janvier 2010 14h26
HA !!!!hugh grant , fantasme des fantasmes !!!!! la seduction meme …….dominique
Marie
le 12 janvier 2010 14h12
Il est merveilleux……..un humour décapant, très second degré, une classe folle………..bref c’est Hugh Grant, c’est tout un concept………..acteur exceptionnel dans son registre, on s’amuse…………
Sentinelle
le 12 janvier 2010 14h04
Interview décalée, légère, personnelle et instructive, du Prestigium comme je l’aime. Bravo !
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Onda
le 16 mars 2010 08h06
Merci pour cette interview ! Hugh… on ne s’en lasse pas… Il est si… Enfin, vous me comprenez ! ON CRAQUE toutes pour lui !!!!