31.03.2009 | 13h22 |
par Elisa Morère
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Créateur de mode, de design, collectionneur d’art, voici que Jean-Charles de Castelbajac se mue en artiste et pose ses dernières toiles à Londres dès le 2 avril. Qui, du tableau ultracélèbre ou du logo iconique, imprime le mieux nos esprits ? C’est la question de société qu’il a voulu creuser… Rencontre avec un touche-à-tout de génie.
Prestigium. Pourquoi avoir choisi d’exposer à Londres ?
Jean-Charles de Castelbajac. J’aime bien l’idée que mon travail d’artiste soit exposé à Londres. J’ai cherché une galerie et j’ai trouvé Paradise Row, qui a ouvert il y a un an.
Prestigium. Qu’allez-vous présenter ?
Jean-Charles de Castelbajac. Mes logos détournés. Ces logos correspondent à un questionnement, comme sur YSL que j’ai transformé en « Yves Droite et Yves Gauche ». J’interviens comme artiste. J’ai déjà travaillé en 1977-1978 sur Mickey, sur Shell, Esso, BP. Je me suis même fait taper sur les doigts par Marlboro. Au cours des années, j’ai eu plein d’intentions de procès pour ces détournements, y compris à propos d’un manteau que j’avais crée pour Iggy Pop avec quatre grandes poches de toile blanche (une poche Miró, une Kandinsky, une Matisse et une Picasso).
Prestigium. À quand remonte cette fascination pour les marques ?
Jean-Charles de Castelbajac. Dès mes premières collections pour Jésus, effectivement. Les marques me fascinent par ce qu’elles provoquent d’explosif et d’iconoclaste. J’ai toujours été intrigué par leurs codes génétiques. Mais dans l’esprit d’un jeune homme de 15 ans d’aujourd’hui, tout se confond : art, marque, etc. Les artistes entretiennent l’acte commercial. Cette interrogation m’amène à revisiter l’acte historique à travers l’acte iconoclaste.
Je crois au Low Cost Luxury
Prestigium. Comment faites-vous pour vous glisser dans ces codes et ces patrimoines ?
Jean-Charles de Castelbajac. Weston, Levi’s par exemple ont un côté archéologique contemporain. J’aime assez l’idée de m’approprier un culte, un univers, un son, et de l’amener vers une autre dimension. Je sais très bien faire ça. J’ai appliqué le logo Gucci sur un tableau d’Ingres rebaptisé « Top Capital ». Je travaille sur l’histoire de l’art avec ce que je ressens. Intellectuellement cela m’excite.
Prestigium. Qu’avez-vous voulu signifier ?
Jean-Charles de Castelbajac. La société de consommation est mon terrain de jeu, avec un côté pop. J’ai fait une vingtaine de toiles, dont une McDo baptisée « Macternity sur la Vierge à l’enfant », etc. Mon propos est une manière d’agencer la marque sur le tableau, dans une nouvelle esthétique. Je fabrique des collisions, des ponts, j’emprunte des voies transverses.
Prestigium. Que pensez-vous du luxe aujourd’hui ?
Jean-Charles de Castelbajac. Il y a une énorme remise en question du système. Je crois au Low Coast Luxury. Les jeunes générations ont été décloisonnées. Elles ne veulent pas des miettes du luxe mais de la créativité et de la qualité. Mes papiers peints et autres créations sont des succès. Création intense et prix accessibles…
« Jean-Charles de Castelbajac | Triumph of the Sign »
3 avril au 2 mai 2009
Paradise Row
17, Hereford Street, London, E2 6EX
www.paradiserow.com
Christophe Lemaire orchestre Lacoste
Jean-Charles de Castelbajac, un logomaniaque à Londres
La mode vue par Anne Hathaway
La mode vue par Emma Thompson
La mode vue par Isabelle Adjani
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Olivier
le 1er avril 2009 10h37
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Max
le 31 juillet 2009 22h26
c’est quoi l’intérêt ? Le lien entre la peinture et le logo ???…