09.07.2009 | 12h54 |
par Fady el-Khoury
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Julien Fournié n’est pas un débutant. Ses collections pour la maison Torrente, fermée en 2004 pour cause de dépôt de bilan, l’avaient déjà confirmé comme un talent sûr. Étranger à toutes les tribulations traversées par la maison qui l’avait précédemment employé, il a pris son temps pour réfléchir à la bonne voie dans laquelle son travail pourrait s’exprimer en toute liberté. Il a prêté collaboration à diverses activités de création avant de nous présenter ce soir son premier vrai travail personnel. Une révélation !
Le cadre : Docks en Seine, quai d’Austerlitz, carrément bord de Seine, source d’inspiration de tant de poètes, de quelques couturiers aussi. Jean-Michel Grau, directeur de la coordination de la Cité de la mode et du design, et Florence de Monza, directrice des relations extérieures de la même, ne se sont pas trompés, ils ont offert le cadre de leur bateau (pas ivre) pour ce premier défilé à un talent prometteur.
Prônant une sobriété qui laisse la part belle au dialogue des matières et du corps, dans une présentation servie par une bande-son exceptionnellement prenante d’intensité et de beauté, voici une sonate subtile de noir et chair, de raphia, plumes, mousseline, satin, organza, de fourrure aussi, juste la dose qu’il faut mais dans des volumes époustouflants de chic. Jupes asymétriques, pantalons sarouels, fourreaux moulants… Une robe Gilda bleu canard avec frou-frou noir (de toute beauté), un trompe-l’œil en corset de lingerie sur de la mousseline champagne, une robe longue à effet de cape, un manteau spectaculaire en forme de tulipe avec col bénitier dans le dos et une autre robe longue « papillon » en mousseline mouchetée de noir dans le bas achevèrent de donner le ton à une élégance en mouvement s’inscrivant d’emblée dans les envies contemporaines. Le fil conducteur étant un hymne au corps féminin, rien d’étonnant à cela, Fournié, qui a suivi des études de médecine, s’y connaît en anatomie. C’est dire qu’il sait placer une poche là où il faut.
Une mention spéciale au maquillage diaphane et superbement adapté à l’esprit de la collection, signé du grand Nicolas Degennes, maître maquilleur de Givenchy ; une preuve supplémentaire de l’appui dont bénéficie le jeune Fournié dans les milieux professionnels. On l’attendait chez Givenchy, sa maison mère qui présentait une heure plus tôt, mais c’est au jeune Julien Fournié que Nicolas Degennes a prêté ses talents. De quoi sourire sous son blush…
Valentin
le 13 juillet 2009 14h27
Ces vêtements ont la fragilité diaphane des filles à la peau translucide. Hautement suggestif, romantique, délicat. Bravo ! Mais pourquoi ne peut-on avoir accès à toutes les photos de ce défilé sur le site, comme pour les autres créateurs de haute couture ?
Emilie
le 9 juillet 2009 22h21
Chapeau à ce jeune couturier qui se lance. c’est courageux mais surtout le propos a l’air fort ! Quel dommage de ne pouvoir assister à ces défilés.
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Brigitte
le 27 février 2010 08h48
J’ai découvert votre article en recherchant le nom de ce créateur de mode sur google apr_s avoir visionné la video de son défilé de janvier 2010 sur un site. Dommage que vos critiques n’aient pas couvert aussi ce dernier défilé de Julien Fournié. Ce que j’en ai vu sur failymotion était magique. Moi, j’en ai un peu assez des grands noms que tout le monde conaît : Chanel, Dior, Lanvin, Gaultier… Faire de la place et du bruit pour les jeunes, c’est déjà bien, les suivre chaque saison, ce serait encore mieux !