Envol

La dernière danse de Pina Bausch

par Julien Pearce publié le 2 juillet 2009

Triste pirouette en guise de tomber de rideau. La danseuse et chorégraphe Pina Bausch a quitté définitivement ce monde, qu’elle avait réjoui par sa vision unique de la danse moderne. Son approche novatrice avait permis à cet art et au théâtre de cohabiter dans une alchimie sensible et résolument triste.

Pina Bausch a découvert la magie des gestes et des relations humaines sous les tables du bistrot tenu par ses parents à Solingen, ville de Rhénanie spécialisée dans la confection de couteaux. Douce ironie, c’est dans ce vivier dur et saillant que la jeune Philippina n’aura de cesse de s’assouplir, pour mieux ensuite s’en extirper. À 19 ans elle s’embarque pour New York afin d’étudier la danse à la Juilliard School. Ses premières classes faites, elle retourne en Allemagne où, en 1973, elle se verra confier la direction du Wuppertaler Bühnen, non loin des ateliers de sidérurgie de sa région natale. C’est sur cette terre de fusion que Pina Bausch créa le Tanztheater (théâtre de danse) ; elle le fera connaître à travers des ballets aujourd’hui mondialement célèbres. Dans son film « Parle avec elle », Pedro Almodóvar reprendra « Café Müller », pièce dans laquelle Pina recrée l’univers de son enfance et en fait rejaillir les émotions passées. Les larmes de Marco, personnage principal du film espagnol, traduisent la puissance de cette œuvre introspective où chacun interprète ce qu’il veut.

Cette artiste unique était aussi fidèle à son public. Pina Bausch célébrait l’année dernière le trentième anniversaire de la collaboration entre le Théâtre de la Ville de Paris et sa compagnie. Encore sur scène quelques jours avant sa disparition, l’artiste laisse derrière elle un héritage unique.

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