08.01.2009 | 12h21 |
par Elisabeth Paillié
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Comme si le propriétaire avait rendu ses clés, tiré sa révérence avec une dernière fête, rangé et décampé vite fait, bien fait, en laissant sa patte, plus quelques vestiges de son passage et de son passé… Temps arrêté.
Belle image au goût bizarre, à la fois surréaliste, ironique et nostalgique, sur fond de blanc, tout sauf neutre, laissant libre cours à l’imaginaire. Succédant à Christian Lacroix, sous la houlette de « Elle Décoration » et « mécéné » par Ikea, la Maison Martin Margiela prend ses marques dans l’appartement de 220 m2 de Jacques Carlu, architecte du magistral palais de Chaillot dans les années trente. L’objectif ? Offrir à qui veut le louer, le temps d’une journée, d’une soirée ou plus si affinités, un cadre habité et inspiré.
Habité ? Oui, tous les codes de la Maison Martin Margiela sont là. Le blanc fondateur, l’argent – alternative au blanc –, les trompe-l’œil, les housses, les traces du temps, les détournements… Étrangement festif, le couloir argenté et vibrant de miroirs évoque davantage une boîte de nuit qu’un appartement. Plus loin, les meubles ont été rassemblés upside-down et houssés de coton blanc, les fenêtres condamnées par des bâches de protection et du scotch industriel. Au mur, les traces de tableaux parlent d’une vie antérieure. Un fantôme rôde encore, si, si… Dans le duplex magistral, aux escaliers taillés dans le marbre et aux balustrades encoffrées de bois peint en blanc et ponctué de miroirs, les trompe-l’œil (reproduisant l’hôtel particulier des bureaux du faubourg Poissonnière) tapissent les murs et cassent le minimalisme originel. Sur les petites tables bistrot, les verres à champagne, vidés, attendent encore d’être débarrassés, et les confettis sèment leur nostalgie. Une bande-son fait croire que le piano houssé de coton blanc continue de vivre sa vie. Décalage encore avec la moquette, qui se joue en dessins de parquet. Et les miroirs qui, comme par magie, démultiplient l’espace à l’infini. Posés sur des échelles industrielles, les écrans de télévision sont restés allumés. Du côté de la terrasse, grande ouverte sur Paris, les Invalides et la Dame de fer – qui attend une exposition en 2009, à la mairie de Paris –, les bougies racontent que la fête a été belle. Encore une surprise, à l’intérieur d’une petite pièce adjacente, comme un cabinet de curiosités capitonnée de blanc : dans un frigidaire, des chaussures Tabi cultes, coulées dans une résine à effet glace, trônent comme des objets d’art. Plus loin, une table attend ses invités, assiettes Astier de Villatte, verre Ikea, faux glaçons et bouteilles de champagne vides, renversées dans leur seau. Dans les toilettes, tout un chacun s’est exprimé au feutre, comme dans les boutiques Maison Martin Margiela.
« Le challenge était de pouvoir exprimer notre univers à travers un projet d’architecture qui ne soit pas à caractère commercial. Un autre contexte, une autre possibilité, pour pouvoir exprimer notre vision. Il a fallu apprivoiser cet espace étranger, le comprendre, le définir, afin de pouvoir mieux le réinterpréter et le traduire dans un autre langage. » Que la fête commence…
La suite « Elle Décoration », par Maison Martin Margiela, se loue à la semaine (01 58 51 10 01) .
Elle se visite les samedis et dimanches, de 14 heures à 17 heures.
Cité de l’architecture et du patrimoine.
Palais de Chaillot, 1, place du Trocadero, 75016 Paris.
Tarif unique, 3 € (gratuit pour les moins de 18 ans).
www.citechaillot.fr/exposition/suite_elle_decoration
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je.
le 9 janvier 2009 11h36
vraiment plein d’espression pour décrire l’ambiance de place.. j’admire, j’admire..