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Les fantaisies d’Elsa Schiaparelli à Drouot

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03.07.2009 | 12h42 | par Elisa Morère

Le 3 juillet est à marquer d’une pierre blanche. À Drouot, la maison d’enchères Million Cornette de Saint-Cyr présente 300 pièces haute couture des années vingt à quatre-vingt, dont 80 modèles exceptionnels d’Elsa Schiaparelli. Aristocrate née à Rome en 1890, mariée contre l’avis de ses parents en 1914 avec le comte William de Wendt de Kerlor, divorcée en 1922, elle rapportera d’un séjour aux États-Unis l’idée du sportswear. Parce qu’elle devait travailler pour vivre, elle invente cette allure active et libérée. Elle commence par des tricots rigolos qu’elle décore de gros nœuds de cravate en trompe-l’œil, des chandails squelettes inspirés des radios aux rayons X, des boutons de vestes sculptés d’écrevisses, de caniches ou de cygnes. Elle ouvre boutique en 1927, baptisée « Pour le Sport », puis en 1935 s’installe place Vendôme dans un décor signé, excusez du peu, Jean-Michel Frank et Diego Giacometti.

Ses amitiés artistiques la poussent à collaborer avec Jean Cocteau en 1937 (veste brodée par la maison Lesage estimée 12 000 à 15 000 euros), Man Ray, Picasso et Salvador Dali qui trouvera l’idée du homard tissé. Les Surréalistes inspirent chapeaux-chaussures, gants de dentelle noire à ongles de satin rose, chaussures-côtelettes, robes rebrodées de bouches. Une touche arty qui fait fureur auprès de la Duchesse de Windsor, Greta Garbo, la Vicomtesse de Noailles et… Mae West qui a son propre mannequin de couturière chez Schiaparelli afin de commander à distance ! Le buste de l’actrice sera le moule du flacon du parfum « Shocking » en 1936. Folle du rose pétard, Elsa Schiaparelli en parsème ses collections comme la Mer (printemps 38), le Cirque (été 38) ou l’inoubliable Commedia dell’arte (en 1939). Elle s’exile aux États-Unis durant la guerre mais lorsqu’elle rentre, la mode a changé. Elsa continuera jusqu’en 1954 à faire tourner son atelier d’où sortira la génération suivante, à savoir Hubert de Givenchy et Pierre Cardin. Elle laisse dans son sillage le souvenir de collections douces, poétiques et fofolles, techniquement parfaites, qui inspirent toujours nos couturiers actuels.

Vente « haute couture, vintage » le 3 juilllet,
www.drouot.com


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