Les robes de rêve de la reine de mai
par Cécile Sepulchre et Fiona Sanjabi publié le 23 octobre 2009
C’est l’histoire insolite d’une reine éphémère dont le règne ne dura qu’un mois. Juste le temps de se constituer un trousseau de rêve, pour magnifier sa longue et gracile silhouette. La fondation Mona Bismarck a inauguré l’exposition « Le Trousseau de la reine de mai, Marie-José de Savoie » en présence du gotha européen. Un écrin fastueux pour le trousseau mythique de Marie-José de Savoie, princesse de Belgique et épouse du prince Humbert de Savoie en 1930. L’exposition invite à un voyage dans l’univers de cette reine, surnommée la reine de mai, car son règne ne dura que du 9 mai 1946, quand son prince devint le roi Umberto II d’Italie, au… 2 juin 1946. Cette jolie femme à la silhouette de mannequin se vit offrir pour son mariage une série de modèles exceptionnels, confectionnés à la demande du prince pour mieux mettre en valeur l’artisanat italien. Directement inspirés de la mode parisienne des années trente, ceux-ci s’avèrent d’une étonnante modernité. À travers ces œuvres des couturiers italiens surgissent des réminiscences de modèles de Madeleine Vionnet, de leur compatriote Elsa Schiaparelli, ou encore de Paul Poiret. Point d’orgue de cette exposition, la robe de mariée tout en dentelles blanches fera rêver les filles, petites ou grandes. Parmi les objets exposés figure une partie de son trousseau de mariée, et de ses tenues – robes, parures de joyaux et manteaux – portées durant seize années aux côtés du prince du Piémont. La scénographie, œuvre d’Hubert de Givenchy, joue à la fois sur le glamour et l’épure, tout en recréant l’esprit d’une maison de haute couture.
La reine de mai quitta le trône d’Italie chargée de plusieurs malles et ses précieux effets furent soigneusement conservés par un de ses serviteurs et sa descendance. Dans le sillage de cette gloire éphémère reste le parfum d’une élégance éternelle.