01.09.2009 | 11h03 |
par Juliette Michaud
|
17
Une pin-up en rouge et noir traverse joyeusement les jardins du Four Seasons Hotel à Beverly Hills. Talons vertigineux, chevelure blonde… C’est bien Meryl Streep qui s’avance à notre rencontre ! Ironie du sort, cette diabolique actrice s’habille bien en Prada. Sa robe écarlate très décolletée est signée par la griffe italienne, comme si son rôle désormais culte de rédactrice en chef de mode, l’avait marquée à jamais. « C’est vrai, je ne figure plus sur les listes des femmes les plus mal fagotées, parce que depuis que j’ai incarné une version d’Anna Wintour, les couturiers continuent à me prêter des vêtements ! » explique en riant la plus grande actrice du monde, devenue aussi l’une des mieux payée d’Hollywood depuis le triomphe de « Mama Mia ! ». Dans la comédie culinaire « Julie et Julia », qui sort le 16 septembre chez nous et sera présentée au festival de Deauville, le caméléon de génie personnifie cette fois Julia Child, qui fut un peu la Maïté de la télé américaine. En attendant de nous en délecter, nous avons essayé d’obtenir la recette magique qu’utilise cette artiste solaire pour demeurer indémodable…
Quels que soient la taille du placard et le choix à l’intérieur, je ne sais pas si c’est pareil pour vous, je mets toujours la même chose. Ça tourne autour de trois ou quatre vêtements
Prestigium. Votre style, en deux mots…
Meryl Streep. Je n’ai pas de style. Mais je sais reconnaître les nécessités de mon métier. Et j’aime observer les choix, souvent touchants, toujours révélateurs, que font les femmes pour s’habiller.
Le matin, improvisation ou préméditation ?
Meryl Streep. Je ne connais pas une épouse et mère de famille (Meryl Streep est mariée au sculpteur Don Gummer et a quatre enfants) qui n’attrape pas le premier vêtement qui lui passe par la main le matin. Mon plus grand souci dans la vie est de gérer mon temps… et de trouver cinq minutes pour repasser. Le repassage est une excellente activité pour ne pas prendre la grosse tête ! (Rires.)
Placard ou dressing ?
Meryl Streep. Quels que soient la taille du placard et le choix à l’intérieur, je ne sais pas si c’est pareil pour vous, je mets toujours la même chose. Ça tourne autour de trois ou quatre vêtements. Mais si j’associe avec des bijoux, comme des petits anneaux simples aux oreilles ou une grosse ceinture, ça fait l’affaire.
Le diable s’habille en Prada » a aiguisé ma vision du monde de la couture : je comprends mieux, depuis, le pont qui relie tout le rêve que représente la mode, avec les exigences financières d’un business comparable à celui du cinéma
Quels sont vos basiques ?
Meryl Streep. Un jean, un tee-shirt, une veste. Mais, c’est tragique, je conserve des vestes qui datent de mes années universitaires.
Neuf ou vintage ?
Meryl Streep. J’ai trois filles (dont Mamie Gummer, égérie de Gérard Darel), qui pillent mes affaires en trouvant certaines pièces terriblement « cool », « adorables » et « vintage » ! Je les laisse faire car je ne rentre plus dedans.
Vos créateurs fétiches ?
Meryl Streep. Depuis « Le diable s’habille en Prada », on continue à m’envoyer des vêtements lorsque je fais la promotion d’un film ou si je dois me rendre à un gala. Qui ne serait pas séduite par la maison Prada ou par des escarpins Louboutin ? (Elle en porte ce jour-là, vernis noirs…) Et puis il y a Valentino, un génie d’une classe unique. « Le diable s’habille en Prada » a aussi aiguisé ma vision du monde de la couture : je comprends mieux, depuis, le pont qui relie tout le rêve que représente la mode, avec les exigences financières d’un business comparable à celui du cinéma. Que ce soit dans la mode ou le cinéma, les artistes ont une responsabilité financière énorme. C’est l’éternel dilemme de faire cohabiter l’art et le fantasme avec les affaires.
En shopping, votre degré d’addiction ?
Meryl Streep. Plutôt pour la nourriture ! Je suis gourmande mais tournée vers la nourriture simple, locale, bio et de saison. Trouver de bons fruits rouges au marché pendant l’été, quel délice ! Depuis « Julie et Julia » j’ai appris l’importance de bons ustensiles tels que les couteaux ultra-affilés. Si je suis à Paris, je vais acheter un couteau pro.
Je n’ai jamais rêvé de devenir une actrice. Mon rêve était d’être une princesse, et d’épouser le prince Charles !
Vos secrets pour une beauté rapide ? Meryl Streep. (Elle sourit) Je vous aime pour le seul fait de penser que je puisse avoir un secret de beauté. Huit heures de sommeil. Les jours où je peux les avoir, je suis une femme heureuse. Le sommeil est crucial. (Rires.) Je pourrais vous citer tous les trucs que j’ai lus dans les magazines féminins, mais je n’adhère à rien de façon consistante. Surtout pas à l’exercice physique ! La confiance en soi rend séduisant : or, lorsque j’étais plus jeune, j’étais encombrée de nombreux complexes : je trouvais mon nez trop long, je me jugeais inapte socialement… Au fil du temps, toutes ces considérations s’estompent. C’est la grande magie de l’âge !
En voyage, votre kit de survie ?
Meryl Streep. Du confort. Et comme j’ai la peau pâle des femmes de ma famille, écran solaire si je pars tourner dans un endroit chaud.
Votre icône en style ?
Meryl Streep. Mon icône absolue : Bette Davis. Mais lorsque j’étais petite, ce qui me faisait fantasmer, c’était les vraies princesses. Je n’ai jamais rêvé devenir une actrice. Mon rêve était d’être une princesse, et d’épouser le prince Charles !
su
le 17 décembre 2009 16h01
Meryl Streep epousée le Prince Charles.. et elle est morte par un accident de voiture… quel cauchemar !
lisa
le 14 décembre 2009 17h50
Meryl streep est merveilleuse, et possède un charme fou oh ! non pas le prince Charles ! plutôt georges clooney !
pocahontas
le 25 septembre 2009 09h35
j’apprécie beaucoup la vision de Meryl Streep sur la mode. Jeune, je culpabilisais lorsque j’achetais un joli basique un peu cher, mais avec le temps, j’ai compris que la vraie mode authentique, celle qui a une âme, permet de se sublimer et donne aussi aux autres l’image qu’ils sont en droit d’attendre de nous. Alors pas d’addiction, mais une vraie et saine passion pour la mode en sachant décrypter ses codes… Merci pour cet article.
Alias
le 7 septembre 2009 01h33
Meryl est un rayon de soleil la plus humaine et normale de toutes les actrices américaines, pas pour rien qu’elle est la meilleure !
Eliane
le 3 septembre 2009 01h14
Mieux que le prince Charles ? Il y a bien sûr ce cher Albert. Notre incasable Albert… Mais à mon avis aucun des deux ne lui arrive à la cheville. La reine c’est elle ! Blague à part , l’interview est extra de spontanéité.
Merylfan87
le 2 septembre 2009 15h05
La meilleurs actrice au monde , ont’aime meryl , t’est la meilleur !!
André F
le 2 septembre 2009 14h34
on sait maintenant que la pauvre Meryl est habillée par ses sponsors, ce qui lui permet d’acheter ses légumes bio.
Anne
le 2 septembre 2009 13h51
Ca fait du bien de lire quelque chose qui sonne juste. La qualité rime avec simplicité avec Meryl Sreep. Rare à notre époque. Encore !!!!
spartel
le 2 septembre 2009 13h33
Adorable entretien. Une grande et intelligente femme, actrice. Merci pour ce moment sublime de vie. Bon, revenons à l’UMP et Cie.
juanita
le 2 septembre 2009 09h45
Merci pour cette discussion presque entre amies avec la grande Meryll Streep !!! Un privilège de lire ses réponses spontanées .
Oscar
le 2 septembre 2009 01h25
Bravo pour cette interview. Meryll Streep parait magnifique de naturel et de simplicité. Une vraie grande…
Tom Ford : "Le cinéma me permet d’exprimer tout ce que je ne peux pas dire en mode"
Bilan 2009 : les métamorphoses du luxe se confirment
Milla Jovovich : "J’aime la liberté en mode"
Hugh Grant : "Aujourd’hui j’aime les actrices françaises"
2. Alexander McQueen tire sa révérence avec (...)
3. Cannes 2009 : les plus beaux looks
5. John Galliano, gallianesque !
7. Défilés : Les tendances fortes de l’été (...)
Onda
le 16 mars 2010 08h18
Je découvre aujourd’hui prestigium et j’aime beaucoup le ton de vos interviews. Merci aussi pour le choix des personnalités et la manière naturelle d’amener vos questions ! Merryl est une femme hors du commun !