17.02.2009 | 12h14 | par Jean Paul Cauvin
Ceinture ! semble être le mot d’ordre de ces trois premiers jours de la mode de l’automne-hiver prochain en défilé à New York, pour affirmer une silhouette qui replace les proportions dans une harmonie toute féminine.
Chez Lacoste, l’heure est au confort douillet. Christophe Lemaire s’est inspiré de Diane Keaton et de la princesse Leia de « Star Wars » pour composer de nouveaux looks de ville casual, grâce à d’amples manteaux en lainage double face, quasiment toujours ceinturés. En dessous, la maille triomphe sur les tops comme sur les jupes ou les pantalons, souvent portés avec des guêtres de tricot enserrant la cheville. Lacoste propose une allure plutôt monochrome, sur une palette blanche, bleue, grisée, jaune moutarde, qui s’éloigne des rayures pour mieux les réintégrer, cinq passages plus loin. Une collection sage mais efficace, marquée par la présence d’une nouvelle cravate assortie, coupée net, et d’un accessoire de maille, porté en col indépendant et extensible en capuche, à marier avec un pull à l’encolure échancrée. Une innovation rare en cette saison new-yorkaise plutôt sage.
Voir le défilé Lacoste Prêt-à-Porter Automne Hiver 2009
À la suite de Lacoste, Georges Chakra a présenté samedi « Edition », sa toute première collection de prêt-à-porter, avec un très net avantage à la robe, cocktail ou soir oblige. Un tissu novateur fait son apparition dès les premiers looks ; il s’agit en fait des recherches du couturier libanais sur l’utilisation du plastique, explorées dans la collection couture, et qui trouvent ici une nouvelle expression plutôt réussie dans des tenues iridescentes sur une base de noir ou de violet. Taffetas, plissés, sequins, aucun raffinement ne manque à l’appel dans les fourreaux du soir, spécial red-carpet, qui suivent.
Chez BCBG Max Azria, l’inspiration constructiviste associée à un stylisme futuriste donnait un résultat étrange, comme si la marque avait décidé de s’adresser à une cliente plus mûre que celle de ces dernières saisons. Beaucoup de formes ovoïdes, un manteau, des robes, une veste et encore des robes, se resserrent au-dessus du genou dans une débauche d’incrustations un peu chargée. Des collants dorés portés sur des souliers à patins alourdissent inutilement la silhouette.
Voir le défilé BCBG Max Azria Prêt-à-Porter Automne Hiver 2009
Le duo Costello Tagliapietra poursuit ses déclinaisons de jersey dans des robes plissées asymétriques signant un glamour impeccable, sobre et nettement pensé en réaction à l’ambiance toxique de crise. Une nouvelle manche fait la part belle au coude, en accentuant le côté pointu, ce que les mannequins signalaient à grand renfort de bras pliés, dans une attitude mains sur les hanches.
La découverte du premier jour, pour beaucoup, reste la collection Jason Wu. Malgré sa toute nouvelle célébrité due à une robe récemment portée par Michelle Obama, le jeune designer (26 ans) d’origine taïwanaise a conservé une démarche low-profile pour se concentrer sur l’essentiel et transformer sa jeune notoriété en un commerce de bon ton. On remarque chez lui une ligne d’épaules qui se rehausse en courbes autoritaires, dans les chemisiers de mousseline comme dans les robes de cocktail. Des robes qui osent la couleur sans se départir d’un chic de bon ton. À suivre.
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Au diable les tons neutres, Diane von Fürstenberg a proposé dimanche un antidote à la crise, où l’imprimé se taille la part belle pour des femmes de tous âges, qui associent volontiers l’animalité de motifs léopard à des matières techniques sur des leggings, alliés à des robes, des manteaux, des tailleurs privilégiant soit le noir, soit des imprimés, qui sculptent une silhouette généralement soulignée d’une large ceinture. Les colliers d’inspiration tribale rajoutent à l’impression ethnico-futuriste. Comme les coiffes et bérets ornés de pompons de laine, ou les sacs recouverts de franges multicolores de la même matière, mélangée au cuir. C’est que la femme esquissée par la créatrice est également éprise de la sauvegarde des traditions et du goût des moyens de communication high-tech ; la mode qui lui est proposée est une illustration éclatante de ce paradoxe.
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Chez DKNY, la couleur est également au rendez-vous pour conjurer la récession. Aux premières pièces en tons directs – rouge et noir –, succèdent des motifs pied-de-coq – noir et rouge, gris et vert –, qui construisent une nouvelle silhouette. La taille est toujours marquée au-dessus du nombril, dans des tailleurs-jupes à la veste arrêtée juste au-dessus des hanches. Lorsque la jupe s’allonge à mi-mollet, elle s’entrave davantage pour flatter les proportions. Ce sont pourtant les robes de jersey, dont les plissés sculptent la taille, qui présentent le plus d’attrait pour les acheteurs. La collection égrène les propositions pertinentes, particulièrement dans sa gamme de prix.
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On peut se demander si une griffe aussi originale que son créateur, en l’occurrence Hervé Léger, peut être réinterprétée par un autre. La réponse semblait positive depuis que Max Azria s’était emparé de ce label pour en décliner les fameuses robes à bandes élastiques. Celles qui ont défilé pour l’hiver prochain gardent, certes, la même structure favorisant la taille et les courbes de la poitrine comme celles des hanches, mais dans des matières trop clinquantes pour rivaliser avec la subtile matité des créations originelles. Le pied de nez à la situation économique, sans doute recherché, se fait ici grimace, malgré les épaules renforcées, censées donner des accents de modernité aux structures revisitées.
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