09.12.2008 | 17h57 |
par Elisa Morère
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Lors de la dernière crise, les clientes du luxe ont eu un curieux réflexe. Elles ont privilégié les accessoires les plus exceptionnels, les plus créatifs, et souvent donc les plus chers. Quitte à en acheter moins. Les modèles devaient « mériter » leur prix. Les pièces uniques, les objets ultracréatifs, le tout à la main, conjuguent de multiples talents et de luxueux mariages de matières. Focus sur les artisans de l’exception.
Ses clientes ont des noms à couper le souffle, sont suisses, italiennes, américaines, russes ou asiatiques. Elles portent avec détachement des salomés où pointe un serpent d’or, pourvues de diamants bleus sur le talon plus un autre entre les orteils. Renè Caovilla est un dieu vivant de l’escarpin. Il incarne une folie artistique unique et une signature vénitienne qui fait la joie des red-carpets. Les stars sont ses meilleures ambassadrices, comme Heidi Klum, Eva Herzigova ou Sarah Jessica Parker, qui ne se lassent pas de cette richissime collection ! Les roses de diamants éclosent sur les chevilles, les lacets d’or s’enroulent haut sur le mollet, les talons allument mille feux. Dorures, gravures, broderies, couleurs époustouflantes, et un ensemble de métiers d’art qui se penche sur chaque pièce comme si c’était « la Joconde » ! Les sacs du soir, véritables écrins ouverts, attirent perles et rubis, et sont, comme le reste, réalisés entièrement à la main.
Cet art si particulier qui combine plusieurs métiers semble être aujourd’hui la norme. Ainsi Maï Lamore, qui fait des chaussures haute couture, avoue un parcours atypique et nous dit : « J’apprends la technique sur le bout des doigts pour mieux me libérer dans la création. » Elle passe un temps fou dans les ateliers pour comprendre les savoir-faire du brodeur François Lesage ou de la plumassière Nelly Saunier, le doigté d’un lapidaire réalisant devant elle de l’émail à chaud sur de l’or. Un cheminement qui mène Maï Lamore à la réalisation de souliers dont le panache n’a rien à envier à ceux de Caovilla. Elle trempe chaque pétale de rose dans de l’or. Ses talons zigzags, gainés de précieux métal, sont réalisés par un joaillier – pas facile à convaincre au départ. Elle jette les pierres par poignées sur de la soie. Ou encore fait coller des plumes de paon une à une sur la pointe d’un somptueux escarpin. Son inspiration est sans limites, comme celle de ce jour où elle trouva un nid et tenta d’en faire – avec succès – une chaussure légère comme une nuée d’hirondelles. Maquettes minutieuses, coups d’aiguille s’il le faut, et voilà la haute couture appliquée au soulier par Maï Lamore. De 500 € à 150 000 € la paire… les séries sont limitées à trois ou quatre par an et peu de modèles sont produits dans chacune, on s’en doute. Maï Lamore fait partie de la prochaine promotion de candidats choisis par les Talents du luxe et de la création, prix qui distinguera ses lauréats le 1er décembre prochain. Un tremplin bien mérité pour ceux qui représentent la quintessence du luxe à la française : beauté, harmonie, artisanat à son apogée, idées créatives absolues.
Très onéreuse et également artisanale, la marque Bijou One. Si vous ne connaissez pas encore ces pochettes du soir qui ressemblent à de fabuleux bonbons de pierres somptueuses… c’est un retard à combler. Les fermoirs sont à croquer, embrochés sur de l’or. Bijou One est fabriquée en Italie mais crée par une Américaine, Carmen Aida Flanders. Ex-star de la mode des seventies, elle avait conquis les Rolling Stones ou Diana Ross. Après une longue absence, la voici de retour avec des accessoires exécutés main. Préciosité échevelée pour 1 000 $ ou 20 000 $ le sac de nuit, en python ou en crocodile. Les couleurs, délicieusement nacrées, sont rehaussées de détails bijou, comme la collection « Alta Moda », doublée agneau et ourlée de diamants, éditée à 25 ou 50 pièces. Pas mal aussi la pochette « Positano », plaquée or, incrustée de pierres précieuses, avec une lanière d’épaule qui vaut son pesant de carats (13 000 €). Nous, nous adorons cette miniature du soir en crocodile rouge, fermée comme un porte-monnaie par deux cabochons de cristal Swarovski, et sa gourmette en or pur. L’astuce : une pochette, en poulain blanc ou en veau glacé carmin, enveloppe le premier réticule. Œuvre d’art également, le sac « Obi Sash », en soie brodée de fils platine et or, sanglé sur du crocodile black… et orné de jade, de saphirs roses et de diamants. Un objet de collection à 25 exemplaires, protégé par son écrin laqué.
L’artisanat passe bien entendu par un sur mesure total. Ainsi Benoît Missolin, que l’on a connu styliste, s’est fait chapelier. « Depuis trois ans, nous confie-t-il, je me suis lancé sur les chapeaux, ou plutôt des coiffes. Je ne suis pas modiste mais toujours styliste. » Ce qui explique que ses bibis soient avant tout un support à son imagination galopante. Ce sont de véritables sculptures, des architectures froufroutantes et fragiles à l’allure parfois loufoque mais d’une folle élégance. Des sequins d’or croulent sur la tête, des plumes d’Indien forment couronne, des bonnets de laine en duvet de cygne jaune réchauffent un visage. Nous avons un faible pour sa chapka d’ours, napoléonienne en diable période pré-Waterloo ! Il réalise du pièce à pièce en toute liberté et l’on craque pour sa virginale et ravissante collection d’accessoires de mariage en plumes. Sa toute dernière idée : ailes d’anges, nœuds en duvet, roses de papier… un rêve de créativité hors du temps, se perpétuant dans une éternelle jeunesse. Car c’est aussi le grand atout de ces objets d’exceptions. Ils défient les modes et le temps qui passe, prêts à resurgir… pour la crise suivante !
Benoit Missolin Paris
Le Bon Marché
24 rue Sèvres 75007 Paris
Maï Lamore
217 rue Saint Honoré 75001 Paris
01 42 97 46 01
Bijou One
Boutique Fanny Liautard
13 rue Saint Florentin Paris
Zenta
6 rue de Marignan Paris
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SOSO
le 11 décembre 2008 10h14
Où peut -on trouver cette marque, dans quelle boutique ???