19.11.2008 | 17h24 |
par Elisa Morère
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Dès le 20 novembre, le musée des Arts décoratifs se met au diapason de Sonia Rykiel pour une rétrospective très attendue. L’occasion de revoir d’un seul coup quarante années de création, dont cette maille de légende qui n’a pas pris une bouloche ! Sonia Rykiel nous confie quelques souvenirs sur les moments clefs de son parcours.
« La mode s’est élargie à la culture et a pourtant longtemps été considérée comme futile, élitiste. À partir de 1968, la mode a accompagnée la vie. Elle a gagné en légitimité. » Lorsqu’elle évoque son long parcours, Sonia Rykiel retisse l’histoire de la mode. Elle avait déjà largement tricoté sa légende dès 1962, car la reine du petit pull et de la grosse maille élégante, c’est elle et personne d’autre. Quarante ans de création valent bien une grande rétrospective et le musée des Arts décoratifs lui a construit cette exposition, une première, à la mesure de son talent. Un talent qui fait le bonheur du Tout-Saint-Germain, et bien au-delà de la rue des Saint-Pères, depuis cette époque pionnière. Une occasion unique de revoir des images mythiques et d’en découvrir d’autres. Sonia Rykiel ? C’est bien sûr cette silhouette étrange et envoûtante de rousse longiligne chevauchant des chaussures plateformes noires nouées. Toujours vêtue de longues robes-tabliers aussi sombres que celles portées par les pensionnaires du Couvent des Oiseaux… évadées de la cage ! « Être rousse, c’est être remarquable et remarquée. J’ai toujours été regardée. Il faut prendre le côté positif du succès. Le fait d’être différente, par exemple, est galvanisant. J’étais odieuse à un moment car le succès est abstrait. Ça a été vite, c’est violent, trop facile. »
Être rousse, c’est être remarquable et remarquée. J’ai toujours été regardée.
Sonia Rykiel n’a pas froid aux yeux. Son histoire est une succession de coups d’audace. De pieds de nez aux conventions. Dès ses débuts, elle se jette à l’eau le plus élégamment du monde mais en bousculant les codes. En ajustant d’abord sur elle ses pelotes de la manière la plus féminine possible, sculpture sur un corps qui laissait tout apparaître. « Nathalie Sarraute a été impressionnée par mes créations. Cela m’a encouragée mais je suis entrée dans cet univers par hasard. Au début d’ailleurs, je pensais que les femmes étaient folles d’aimer ça. Je me faisais des pulls pour moi. Ce qui compte finalement, c’est le chemin qu’on emprunte et les biais qu’on prend. » Comme elle ne fait rien comme tout le monde, elle ouvre sa première boutique en plein 1968 ! « J’ouvrais un espace rue de Grenelle. Je l’ai vécu dans l’affolement. À la Sorbonne ça bardait, mais il y avait une liberté formidable. Presque trop d’ailleurs, que l’on paie aujourd’hui », souligne Sonia Rykiel, qui semble trouver que mener une guéguerre contre le mâle dominateur – elle a-do-re les hommes ! – n’est pas forcément ce que 68 a produit de mieux !
Son histoire se mêle étroitement à celle de la libération de la femme. « Je suis un pur produit de 68. J’étais étonnée par tout ce qui se passait autour de moi. Venant d’une famille juive bourgeoise, on ne parlait jamais de mode, par exemple. » Silence sur la mode et aussi sur des sujets plus hot… Affranchie, Sonia a toujours affirmé haut et fort, et plutôt malicieusement, son attirance pour l’érotisme. La légende de la reine de la maille s’est aussi construite sur son image de femme libérée. C’est ainsi qu’elle a collectionné passionnément les sextoys dans ses nombreux voyages et même écrit quelques ouvrages épicés. Le sextoy deviendra ensuite un objet de collection à part entière que s’arrachent désormais ses clientes peu effarouchées.
Max
le 25 novembre 2008 11h39
J’adore Sonia Rykiel, surtout quand elle a retravaillé la machine à laver boudoir pour un max de plaisir…
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Tanya
le 25 novembre 2008 18h38
Euh, cher Max, c’était pas plutôt Chantal Thomass qui nous a fait la machine boudoir à laver les culottes en dentelle ? mais quand même chapeau à Sonia Rykiel. Belle carrière et jolie expo.