15.06.2010 | 15h21 |
par Guillaume de Piédoüe
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À l’heure où les hôtels design se multiplient dans toutes les grandes villes du monde (pour ne citer que Paris, on pense au Murano, au Pershing Hall et plus récemment au Mama Shelter), il nous a semblé intéressant de comprendre l’origine du phénomène. Il faut revenir à cette période charnière dans l’histoire de l’hôtellerie : le tournant du millénaire. À cette époque, le groupe Morgans et le groupe W, les instigateurs du courant, décidèrent de renouveler le métier tel qu’il avait été inventé à la fin du XIXe siècle, ou plutôt, de le réinventer, et de créer l’hôtel dit « design ».
Il y a dix ans, le concept était véritablement révolutionnaire : associer un designer à la genèse du projet, et lui donner carte blanche pour proposer un monde esthétique cohérent, résolument contemporain, anti-décoratif.
Le succès de ce nouveau concept aux États-Unis fut immédiat, et à New York, le W, le Paramount et l’Hudson se disputaient la clientèle locale branchée ; à Los Angeles, il fallait être vu au Mondrian. L’hôtel était devenu tendance, et sa coqueluche était Philippe Starck, incarnation de ce renouveau esthétique à qui chaque nouveau projet d’envergure était confié.
C’est alors que le Groupe Morgans, maître d’œuvre et propriétaire de l’Hudson et du Mondrian, décida d’importer le concept en Europe. Le Tout-Londres, avide des dernières tendances venues de Manhattan attendait son hôtel design. Starck fut chargé du projet et jeta son dévolu sur un ancien bâtiment industriel, siège classé des papiers peints Sanderson dont le nom sera repris, construit dans le plus pur style des années cinquante, dans le West End.
Sur une très grande surface, Starck appliqua au Sanderson les recettes qui avaient fait son succès, un rez-de-chaussée destiné aussi bien à accueillir les clients de l’hôtel qu’à permettre à la jeunesse de la ville de venir se distraire et danser le soir, autour d’un jardin intérieur japonisant, un bar gigantesque où les convives s’alignent pour déjeuner, et un style résolument épuré. Dans le lobby sont ainsi juxtaposés canapés baroques réinterprétés, fauteuils sixties, bureau de concierge Louis XV, armoires asymétriques à la Cocteau… tous pièces originales du designer français.
Côté chambres, on y accède par un ascenseur qui vous immerge dans l’espace avec étoiles et planètes phosphorescentes – l’ascenseur est devenu depuis le lieu de toutes les originalités dans l’hôtel design type – pour découvrir une pièce construite d’un seul tenant, d’un blanc immaculé, la salle de bains étant cloisonnée d’une simple vitre. Chaque détail de la chambre a été pensé par Starck, jusqu’au tableau accroché au plafond qui prépare aux rêves. Toutes les chambres sont identiques, et les suites ne sont que des versions allongées des mêmes aménagements car l’hôtel design est d’essence démocratique… Quant aux équipements de l’hôtel, deux endroits très originaux sont à visiter absolument : le spa, labyrinthe entre d’immenses rideaux blancs suspendus d’un plafond de plus de 10 mètres de hauteur – où l’on oubliera l’agitation et la pollution londoniennes – et le ravissant Purple Bar, grotte baroque à whisky, grande comme un mouchoir de poche. Pour le dîner, il ne faut pas rater le délicieux restaurant Asia de Cuba du St Martin’s Lane – une cuisine syncrétique très réussie – à quelques rues de là, qui sera l’occasion de découvrir le deuxième hôtel Starck de l’époque…
En dix ans, ces deux endroits sont devenus de véritables institutions, leur design déjà vintage nous replonge dans le souffle d’optimisme et la soif d’avenir de ces années où la jeunesse s’appropria l’hôtel. Un retour à l’essentiel.
Sanderson, 50 Berners Street, Londres W1T 3NG,
tél. : +44 (0)20 7300 1400
www.sandersonlondon.com
St. Martin’s Lane, 45 St. Martin’s Lane, Londres WC2N 4HX,
tél. : +44 (0)20 7300 5500
www.stmartinslane.com
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TL dudule
le 26 juin 2010 12h27
YEP needs to be réinventes again ..,