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Saint Barth fait de l'œil aux touristes Européens

par Anne-Cécile Sanchez
Saint Barth fait de l'œil aux touristes Européens
Saint Barth - Salines © InterMédia Caraîbes

À trois heures d'avion de New York, Saint Barth est une destination paradisiaque très prisée des Américains. Les plus riches d'entre eux rejoignent fin décembre leurs yachts accostés dans le minuscule port de Gustavia depuis le début du mois. La semaine entre Noël et le Jour de l'An marque le pic de fréquentation pour la petite île française des Caraïbes : les villas de luxe sont toutes occupées, les fêtes se multiplient, on frôle la rupture de stock de caisses de champagne et il y a la queue chez Hermès. Saint Barth est toujours « the place to be », indiscutablement, de Rupert Murdoch à Nicole Kidman. L'art de vivre à la française se décline ici par une température de 30 degrés, sur fond de ciel bleu azur : croissant au breakfast, lunch rafraîchi par une bouteille de rosé, petit expresso et rhum vanille avant la sieste, dont on s'ébroue par une baignade dans les eaux turquoises, avant de songer à faire un peu de shopping. Et hop, c'est déjà l'heure de l'apéro.

Oui mais … alors que depuis quelques années la saison ne connaissait guère de rupture entre fin novembre et le mois d'août, la donne a changé cette année avec la situation économique aux États-Unis et le taux de change euro-dollar. Car si les locations de villas sont facturées en dollars, les hôtels - environ 450 chambres sur l'île - et les commerces, eux, affichent leurs prix en euros. Conséquence : les touristes les moins fortunés boudent les restaurants et les boutiques. « Avec un euro équivalent à 1,53 $ en mars, il y a des clients qui ont fait plus attention à ce qu'ils dépensaient » constate Anne Dentel, présidente de l'association des hôteliers de Saint Barthélémy. « Certains commerçants ont accusé des baisses de 30% de leur chiffre ».

Le risque devient plus aigu en basse saison car la clientèle de bourgeois new yorkais qui arrive normalement à partir de mai n'a pas vraiment cette année les moyens de venir. Les hôteliers redoutent qu'avec la chute du dollar, les annulations plombent la saison, qui s'annonce peu animée jusqu'au mois d'août. La solution pour palier la défection des Américains ? Renouveler la fréquentation de l'île en draguant ouvertement l'Amérique du Sud - en plein hiver pendant la basse saison - et surtout, le Vieux Continent, un peu délaissé. Français, Italiens, Allemands : « nous sommes tous à la recherche d'une clientèle européenne », explique la présidente de l'Association, « d'autant que la saison de mi-décembre à fin août, s'étire maintenant sur dix mois ». Avec ses confrères, Anne Dentel est donc entrée dans une offensive de charme vis-à-vis du marché touristique français. Le 19 mai dernier, au Pavillon Kleber, à Paris, une quinzaine de représentants du tourisme local rencontraient la presse et quelques voyagistes haut de gamme, autour d'un dîner concocté par Jean-Claude Dufour, le chef de l'incontournable Eden Rock. Le message ? Certes, Saint Barth est une destination exclusive. Mais les tarifs de basse saison, deux fois moins élevés, et le taux de change - très favorable aux Français sur le marché de la location - en font une villégiature moins inaccessible qu'on ne l'imaginerait. Et totalement magique.